Tunis met en avant son positionnement dans l’intégration commerciale africaine, grâce à l’engagement envers l’OAPI et la ZLECAf, malgré des avancées institutionnelles encore incomplètes.
Une prise de position du ministre tunisien du Commerce Samir Abid, exprimée le 2 avril lors d’une réunion du COMESA, met en lumière l’ambition du pays de jouer un rôle central dans la dynamique commerciale continentale. L’appel à accélérer la ratification des accords liés à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), dont le siège est annoncé en Tunisie, intervient dans un cadre marqué par des retards procéduraux persistants.
L’intervention s’inscrit dans les discussions autour du Plan stratégique 2026-2030 du COMESA et de la mise en œuvre de la ZLECAf. Le responsable tunisien a présenté ces initiatives comme déterminantes pour renforcer l’intégration régionale et améliorer la compétitivité. Aucun calendrier précis ni indicateur de performance n’a toutefois été communiqué concernant la contribution effective de la Tunisie à ces mécanismes.
Ce positionnement volontariste contraste avec des limites opérationnelles régulièrement relevées dans l’environnement commercial tunisien. Les échanges intra-africains du pays restent modestes en proportion du commerce extérieur total, en l’absence de données actualisées présentées lors de cette réunion pour étayer les perspectives avancées.
Sur le plan technique, les recommandations formulées portent sur la coordination administrative, le suivi des engagements et l’implication du secteur privé. Ces axes, récurrents dans les discours institutionnels, restent dépendants de réformes internes encore inachevées, notamment en matière de logistique, de simplification douanière et d’intégration des chaînes de valeur.
L’accent mis sur l’innovation, l’économie verte et les technologies numériques s’inscrit dans les orientations continentales actuelles. L’absence de programmes détaillés ou de financements identifiés limite néanmoins la portée immédiate de ces annonces, alors que plusieurs pays africains ont déjà engagé des stratégies opérationnelles plus avancées dans le cadre de la ZLECAf.



