Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire a célébré, ce jeudi 9 avril 2026, le 80e anniversaire de son existence, en présence d’une forte mobilisation de partis politiques, notamment le RHDP, le COJEP et le MGC, à l’exception du PPA-CI, qui a brillé par son absence.
À l’auditorium du siège du « vieux parti », qui a abrité la cérémonie d’ouverture de ces festivités marquant les 80 ans d’existence du Parti démocratique de Côte d’Ivoire, aucune figure officielle du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) n’a été aperçue.
Le parti de l’ancien chef d’État était le grand absent de cette cérémonie solennelle, contrastant avec la présence de plusieurs figures du paysage politique ivoirien, notamment Simone Ehivet Gbagbo du Mouvement des générations capables (MGC), Danielle Boni Claverie de l’URD, Cissé Ibrahima Bacongo du RHDP ou encore le COJEP de Charles Blé Goudé.
Les explications d’un haut cadre du PPA-CI
Joint par téléphone afin de connaître les raisons de cette absence, un haut responsable du parti de Laurent Gbagbo a indiqué que le parti n’a pas reçu le courrier physique dans les délais. « Le président Dano Djédjé a été officiellement invité, mais n’a pas reçu de courrier physique. Nous avons demandé à recevoir le courrier numérique, mais nous ne l’avons pas reçu à temps », at-il expliqué.
Nous avons demandé à recevoir le courrier numérique, mais nous ne l’avons pas reçu à temps
Cette absence intervient quelques mois après le rapprochement entre le PDCI-RDA et le PPA-CI, au plus fort de la crise électorale de 2025. Les deux partis, dont les dirigeants, Tidjane Thiam et Laurent Gbagbo, avaient été exclus du processus électoral pour des raisons politico-judiciaires, étaient engagés côte à côte dans les mouvements de contestation contre le quatrième mandat du président Alassane Ouattara. Ils dénonçaient au sein du Front commun, une candidature illégale et réclamaient des conditions d’une élection apaisée, inclusive et transparente.
Debut des divergences
Après l’échec de ces mouvements de contestation, les premières divergences entre les deux partis sont apparues lors des élections législatives de décembre 2025. Le PPA-CI avait opté pour le boycott, refusant de cautionner le 4e mandat du président Ouattara, contrairement au PDCI-RDA, qui avait choisi d’y participer. L’absence du PPA-CI à cette célébration symbolique des 80 ans de son allié au sein de l’opposition soulève ainsi de réelles interrogations sur l’état actuel des relations entre les deux formations.
À l’inverse, le RHDP, parti au pouvoir, a marqué sa présence à travers une forte délégation conduite par son secrétaire exécutif, Cissé Ibrahima Bacongo. Représentant le président Alassane Ouattara à cette cérémonie, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur était accompagné de Mamadou Touré, porte-parole adjoint du parti, ainsi que de plusieurs cadres, dont Claude Sahi, responsable de la communication. Une présence qui s’apparente à un geste politique à l’endroit du « vieux parti », dans un climat encore marqué par les tensions post-électorales.
Des retrouvailles cordiales
L’ambiance, décrite comme conviviale, a donné lieu à des retrouvailles cordiales entre responsables politiques, et anciens alliés au sein du RHDP groupement politique. Avant leur rupture, le RHDP et le PDCI-RDA avaient longtemps cheminé ensemble, une proximité que cette célébration semble, en partie, raviver sur le plan symbolique.
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Tidjane Thiam, qui s’est exprimé par visioconférence depuis son exil volontaire, a saisi l’occasion de son adresse pour traduire sa gratitude au président Alassane Ouattara pour ce geste de décrispation. L’ancien CEO du Crédit Suisse faut-il le rappeler a quitté Abidjan, au plus fort du processus électoral de la présidentielle controversée d’octobre 2025. Ces partisans réclament des conditions idoines de sécurité avant son retour au bercail.




