À Abidjan, l’auditorium du siège du PDCI-RDA a fait le plein ce jeudi 9 avril 2026. Le « vieux parti » débutait les célébrations de ses 80 ans d’existence. Une cérémonie marquée par des retrouvailles politiques inattendues, mais surtout par un plaidoyer pour le retour sécurisé de son leader, Tidjane Thiam.
Dans la salle, l’ambiance est aux sourires et aux poignées de mains chaleureuses. On croise le Cojep de Charles Blé Goudé ou encore le MGC de Simone Gbagbo. Seul le PPA-CI de Laurent Gbagbo manque à l’appel. Mais la surprise vient de la première rangée : une importante délégation du RHDP, le parti au pouvoir, a fait le déplacement.
À sa tête, Cissé Ibrahima Bacongo, secrétaire exécutif du mouvement, envoyé spécialement par le président Alassane Ouattara. Un geste fort dans un pays où le climat reste lourd depuis la présidentielle d’octobre 2025.
“Nous avons des adversaires, mais…”
Au-delà des symboles de réconciliation, les interventions ont rapidement recentré le débat sur la situation de Tidjane Thiam. Intervenant par visioconférence, le président du PDCI a tenu à apaiser les tensions. « Nous avons des adversaires, mais jamais des ennemis », a-t-il déclaré, appelant au respect des institutions et à la poursuite du dialogue politique.
Mais sur le terrain, ses partisans restent inquiets. L’ancien dirigeant a quitté le pays en mai 2025. Radié des listes électorales et engagé dans plusieurs procédures judiciaires qu’il conteste, il redoute un retour sous tension. Ses proches évoquent un climat d’incertitude juridique susceptible de compliquer son retour en Côte d’Ivoire.
“Nous avons sept jours pour libérer la Côte d’Ivoire”
Ces inquiétudes trouvent leur origine dans une déclaration faite en octobre dernier à Paris, lorsque Tidjane Thiam avait affirmé : « Nous avons sept jours pour libérer la Côte d’Ivoire ». Une sortie qui avait suscité de vives réactions dans le camp présidentiel et ouvert la voie à des appels à des poursuites judiciaires.
Malgré une mise au point ultérieure dans laquelle il plaidait pour « le dialogue et la paix », la polémique n’a pas totalement disparu. Certains responsables du pouvoir continuent d’y voir des propos pouvant relever d’une incitation à l’insurrection.
“Mettre en place les conditions idoines”
Interrogé sur la question, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a indiqué que « si une procédure a été ouverte, elle se poursuivra », sans toutefois confirmer l’existence de nouvelles poursuites ciblées.
Mais, l’arrestation puis l’incarcération récente de Brédoumy Soumaïla, porte-parole du PDCI-RDA rentré d’un exil volontaire, a ravivé les inquiétudes au sein du parti. Pour ses soutiens, l’urgence est désormais de garantir un cadre sécurisé pour le retour de leur leader.
Le message a été clairement formulé par Maître Chrysostome Blessy, président du groupe parlementaire du PDCI. « J’interpelle l’État afin qu’il puisse mettre en place les conditions idoines du retour de notre leader », a-t-il déclaré.



