04102026Headline:

Nigeria: Selon le rapport Update de la BM , le taux de pauvreté a atteint 63 %

les tensions sur les prix se sont atténuées, la pauvreté continue de progresser au Nigeria.

Dans son dernier rapport de conjoncture publié le 10 avril 2026, la Banque mondiale estime que 63 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté en 2025, illustrant la faible traduction des réformes macroéconomiques dans les conditions de vie des ménages.

Le constat est préoccupant : la croissance économique ne profite pas à l’ensemble de la population. Selon la mise à jour du rapport sur le développement au Nigeria, intitulée « Demain commence aujourd’hui : le plaidoyer pour le développement de la petite enfance », le taux de pauvreté est passé de 56 % en 2023 à 61 % en 2024, avant d’atteindre 63 % en 2025. Cela représente environ 140 millions de personnes touchées par la précarité.

Un décalage entre la baisse des prix et le niveau de vie

Cette hausse intervient pourtant dans un contexte de nette décélération de l’inflation. Les données du Bureau national des statistiques (NBS) montrent une chute importante du taux d’inflation globale, passé de 34,8 % en décembre 2024 à 15,15 % un an plus tard. L’inflation alimentaire a suivi la même tendance, reculant de près de 29 points pour s’établir à 10,84 %.

Cependant, cette amélioration macroéconomique ne s’est pas traduite par une amélioration immédiate du pouvoir d’achat. « Les revenus des ménages n’ont pas augmenté suffisamment vite pour compenser une inflation encore élevée, et la pauvreté n’a pas encore commencé à reculer », souligne la Banque mondiale. L’institution évoque également l’impact de chocs externes, notamment les tensions au Moyen-Orient, qui maintiennent les coûts de l’énergie et du transport à des niveaux élevés.

Un secteur agricole en difficulté

La structure de l’économie nigériane constitue un frein majeur à la réduction de la pauvreté. Si les secteurs des services et de l’industrie affichent une dynamique positive, l’agriculture demeure en difficulté, alors même qu’elle emploie une large part des populations pauvres. Ce déséquilibre limite la redistribution des fruits de la croissance vers les ménages les plus vulnérables.

La Banque mondiale anticipe néanmoins une amélioration progressive, avec une baisse attendue du taux de pauvreté à partir de 2026, jusqu’à environ 59 % en 2028. Mais cette évolution devrait rester lente, freinée par des contraintes structurelles telles que la faible création d’emplois, la faible productivité agricole et les inégalités persistantes.

Appel à une croissance plus inclusive

Pour Fiseha Haile, économiste principal de la Banque mondiale pour le Nigeria, la maîtrise de l’inflation demeure une condition essentielle. « Il est crucial de ramener l’inflation à des niveaux bas et de faire en sorte que la population ressente les effets des réformes », a-t-il déclaré lors de la présentation du rapport à Abuja.

De son côté, le ministre nigérian des Finances, Wale Edun, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à lutter contre la pauvreté à travers l’investissement et les programmes sociaux. Il a notamment mis en avant le développement des filets de protection sociale numériques, dont les transferts directs d’argent, destinés à soutenir les ménages les plus fragiles face à la hausse du coût de la vie.

« La stabilité macroéconomique ne suffit pas sans investissements massifs et création d’emplois », a reconnu le ministre, soulignant que la protection des populations vulnérables reste un pilier d’une société plus équitable.

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