La condamnation à un an de prison du président de l’Association des magistrats tunisiens, Anas Hmaidi, suscite de vives réactions au sein de la profession et d’organisations de défense des droits, qui y voient un signal préoccupant pour l’État de droit.
Selon les déclarations faites lors d’une conférence de presse tenue vendredi par l’Association des magistrats tunisiens, la condamnation à un an d’emprisonnement contre le magistrat Anas Hmaidi, pour ses critiques sur l’indépendance de la justice, intervient dans un contexte de tensions persistantes entre une partie du corps judiciaire et le pouvoir exécutif. Anas Hmaidi, présent mais silencieux, a été condamné pour «atteinte à la liberté du travail», un chef d’accusation contesté par ses collègues.
Prolongeant ces critiques, Aïcha Ben Belhassen, vice-présidente de l’Association des magistrats tunisiens, a rappelé que la structure, active depuis les années 1990, constitue «le seul cadre de défense de l’indépendance judiciaire» depuis la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature en 2022. Elle a souligné que la condamnation s’inscrit dans la continuité des tensions nées après la révocation de 57 magistrats la même année, une décision à laquelle Anas Hmaidi s’était opposé publiquement.
Dans le même sens, plusieurs magistrats évoquent des irrégularités procédurales. Mohamed Ben Meftah a ainsi dénoncé des transferts répétés du dossier entre juridictions, estimant que la procédure n’a pas suivi un cours «ordinaire». Selon lui, ces éléments nourrissent des interrogations sur les conditions dans lesquelles l’affaire a été instruite.
Au-delà du cercle judiciaire, la condamnation a également suscité des réactions d’organisations nationales et internationales. La Ligue tunisienne des droits de l’homme ainsi que l’Union internationale des magistrats ont dénoncé une décision qu’elles considèrent comme une «atteinte à l’État de droit», appelant à garantir l’indépendance de la justice et le respect des procédures.



