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Conflit Israël-Liban : Une trêve de 10 jours annoncée par Washington

Le président américain Donald Trump a affirmé, ce jeudi 16 avril, avoir obtenu un accord entre Israël et le Liban pour un cessez-le-feu d’une durée de 10 jours. Sur son réseau Truth Social, le locataire de la Maison Blanche a indiqué avoir eu « d’excellentes discussions avec le très respecté Joseph Aoun, du Liban, et le Premier ministre Benyamin Netanyahu, d’Israël ». Selon lui, les deux dirigeants ont convenu d’instaurer officiellement une trêve à compter de 17 heures, heure de la côte Est américaine.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, l’aviation israélienne a bombardé le pont de Qasmiyeh, qui enjambe le fleuve Litani près de la ville de Tyr, dans le sud du Liban. La destruction de cet ouvrage stratégique isole désormais la région située au sud du Litani du reste du pays, selon un communiqué de l’armée libanaise. Les frappes ont fait un mort et trois blessés, parmi lesquels un soldat libanais stationné sur le pont. Cette opération a aggravé la situation humanitaire dans le sud du pays, alors que l’offensive terrestre israélienne se poursuit.

Les USA, un point de contact du dialogue
Du côté diplomatique, les échanges se sont multipliés. La présidence libanaise a confirmé que Joseph Aoun s’est entretenu téléphoniquement avec Donald Trump, qu’il a « remercié » pour ses efforts. Le chef de l’État libanais a exprimé le souhait que le président américain poursuive son action en vue d’un cessez-le-feu rapide. Toutefois, selon une source officielle libanaise citée par l’AFP, Joseph Aoun a refusé la demande américaine d’établir un « contact direct » avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu. Ce refus a été communiqué au secrétaire d’État Marco Rubio, les États-Unis « comprenant la position » du Liban. De leur côté, les autorités israéliennes auraient reçu pour ordre de préparer un cessez-le-feu effectif dès ce jeudi soir, selon le quotidien Haaretz. La trêve annoncée par Donald Trump sera effectivement respectée sur le terrain, alors que les hostilités n’ont pas cessé dans les heures précédant l’annonce.

Blocus maritime américain contre l’Iran : Des pétroliers bradent l’interdiction
Parallèlement au dossier libano-israélien, la pression américaine sur l’Iran ne faiblit pas. Le blocus des ports iraniens annoncé dimanche soir par l’armée américaine est entré en vigueur ce lundi 13 avril à 14 heures TU. Donald Trump a menacé de détruire tout « navire d’attaque rapide » iranien qui forcerait le blocus imposé aux navires entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens. Plusieurs pétroliers ont été aperçus dans le golfe Persique ces dernières heures. Selon des données de la société d’analyse maritime Kpler, au moins deux très grands pétroliers (VLCC), le RHN et l’Alicia, se trouvaient jeudi près des côtes iraniennes. Ils avaient initialement déclaré l’Irak comme destination avant de modifier leur statut pour « en attente d’ordres ». Un troisième VLCC, l’Agios Fanouris I, ainsi qu’un transporteur de gaz de pétrole liquéfié, le G Summer, ont également traversé le détroit d’Ormuz pendant le blocus. Deux autres navires, le porte-conteneurs Zaynar 2 et le cargo Neshat, ont été détectés près du port iranien de Bandar Abbas. Le général Ali Abdollahi, chef du commandement des forces armées iraniennes, a estimé mercredi que le maintien du blocus maritime américain et la « création d’insécurité pour les navires commerciaux de l’Iran et les pétroliers » constituerait « le prélude » à une violation du cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril entre les deux pays.

L’Iran disposait de 440,9 kg d’uranium enrichi à 60 % avant les premières frappes israélo-américaines de juin 2025. Il en resterait un peu plus de 200 kg
Une déclaration qui montre à quel point le dossier maritime est lié aux équilibres précaires trouvés avec Téhéran. Sur le front diplomatique, Washington discute d’une possible deuxième session de négociations avec l’Iran, de nouveau au Pakistan, après l’échec d’un premier round le week-end dernier à Islamabad, selon la Maison Blanche. Des sources iraniennes ont confié à Reuters que négociateurs américains et iraniens ont réduit leurs ambitions et cherchent désormais à obtenir un mémorandum temporaire pour empêcher un retour au conflit, plutôt qu’un accord de paix global. Les divergences profondes subsistent sur le programme nucléaire iranien. Un haut responsable iranien a indiqué que les États-Unis exigent l’arrêt des travaux d’enrichissement nucléaire iraniens pendant vingt ans, tandis que Téhéran souhaite les limiter à trois ou cinq ans. L’Iran réclame par ailleurs un calendrier pour la levée des sanctions onusiennes, américaines et européennes. Le sort du stock d’uranium hautement enrichi (HEU) reste également un point de blocage : Washington veut son évacuation, Téhéran s’y refuse. Un compromis pourrait consister à envoyer une partie de ce stock vers un pays tiers, tout en conservant une quantité suffisante pour des usages médicaux et de recherche.

Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran disposait de 440,9 kg d’uranium enrichi à 60 % avant les premières frappes israélo-américaines de juin 2025. Il en resterait un peu plus de 200 kg, entreposés principalement dans un complexe de tunnels à Ispahan et à Natanz. Un diplomate occidental a souligné que ces quantités restent préoccupantes, car elles permettraient à l’Iran de construire plusieurs bombes nucléaires assez rapidement, la phase finale d’enrichissement étant relativement courte. Si un mémorandum est conclu, les deux parties disposeraient de soixante jours pour négocier un accord final, nécessitant l’intervention d’experts et de l’AIEA. Un précédent accord avait été signé en 2015 après près de deux ans de négociations, avant d’être dénoncé par Donald Trump en 2018. L’histoire se répéterait-elle, sous une forme allégée ? Rien n’est moins sûr, alors que la trêve de dix jours entre Israël et le Liban reste à éprouver sur le terrain et que le blocus américain continue de tester la patience iranienne.

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