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L’Algérie a officialis la création de l’Agence nationale pour l’efficacité énergétique

Le gouvernement algérien acte la fusion de deux agences clés, affichant une volonté de rationalisation dans un secteur marqué par des retards structurels.

Le gouvernement algérien a validé, lors d’une réunion présidée mercredi par le Premier ministre Sifi Ghrieb, un projet de décret instituant une nouvelle agence dédiée à l’efficacité énergétique et à la maîtrise de l’énergie.

Selon le communiqué officiel, cette entité résulte de la fusion entre l’Agence nationale pour la promotion et la rationalisation de l’utilisation de l’énergie (APRUE) et le Commissariat aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique (CEREFE). L’exécutif présente cette réorganisation comme un levier de « coordination et de gouvernance plus efficaces » dans un secteur jugé stratégique.

La démarche s’inscrit officiellement dans une logique de simplification administrative et de meilleure articulation des politiques publiques. Les autorités évoquent la nécessité de « réduire la duplication des missions » et d’améliorer la cohérence des interventions en matière d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique. Derrière cet objectif, l’ambition affichée reste de maintenir le rôle de l’Algérie comme acteur énergétique central, alors que le pays demeure largement dépendant des hydrocarbures.

Toutefois, cette réorganisation institutionnelle intervient dans un contexte où les résultats concrets des politiques énergétiques restent limités. Les objectifs de réduction de la consommation énergétique, fixés à 15% à l’horizon 2035 selon les indications officielles, contrastent avec une dynamique de demande en hausse continue.

Des experts, cités par les médias publics, évoquent une progression annuelle de la consommation de l’ordre de 4% depuis plus d’une décennie, traduisant l’ampleur du déséquilibre entre ambition affichée et mise en œuvre effective.

Ce décalage structurel alimente les interrogations sur la portée réelle de la fusion annoncée. Si la centralisation des compétences peut théoriquement améliorer la lisibilité de l’action publique, elle ne répond pas à elle seule aux freins identifiés de longue date, notamment la lenteur des projets, le poids des subventions énergétiques et l’absence d’incitations économiques fortes en faveur de l’efficacité énergétique.

L’estimation avancée par certains spécialistes d’un potentiel d’économie atteignant 50% de la consommation actuelle souligne, en creux, l’inefficacité persistante du modèle énergétique.

Par ailleurs, le gouvernement a également examiné un projet de décret encadrant l’homologation des produits utilisés dans les infrastructures de transport.

Présentée comme une mesure visant à renforcer la qualité et la durabilité des équipements publics, cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de normalisation technique. Elle illustre une tentative d’amélioration des standards, bien que, là encore, la question de l’application effective des normes reste posée dans un environnement institutionnel souvent critiqué pour son manque de suivi.

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