Le reggaeman ivoiro-libanais Aimann Raad a présenté, ce 18 avril 2026 à la Fnac Cap Sud d’Abidjan, le premier volet de sa trilogie musicale. Un album intitulé « Freedom », mûri pendant dix ans, qui prône l’émancipation mentale et la paix intérieure.
Au milieu des piles de livres, des rayons de disques et des pépites technologiques de la Fnac Cap Sud, à Abidjan, on est loin du faste habituel du show-business. Micro en main, Aimann Raad affiche la sérénité de ceux qui ne courent pas après le succès éphémère.
Son nouvel opus, Freedom, sort officiellement le 24 avril, mais il existe dans son esprit depuis bien longtemps. « C’est un travail qui est prêt depuis 2016 », confie-t-il d’emblée. « Pourquoi sortir en 2026 ? Eh bien, on n’est pas pressé. Le reggae n’est pas une compétition. »
Un périple planétaire
Né à Abidjan, Aimann Raad a forgé son identité musicale au fil de ses voyages. Des clubs de la capitale ivoirienne aux scènes dub d’Austin au Texas, en passant par les studios mythiques de Kingston et les collines d’Haïti, l’artiste a embrassé de nombreuses influences.
Cette trajectoire internationale se ressent dans sa musique, un mélange de roots moderne, de dub spatial et de sonorités funky.
Pourtant, c’est bien à Abidjan que cet album a été mis en boîte, en collaboration avec le regretté Evariste Yacé. « Freedom a été enregistré ici avec feu Evariste, un génie de la musique », rappelle l’artiste avec émotion.
La liberté comme boussole
Plus qu’un simple titre, la liberté est pour Aimann Raad une nécessité sociale et continentale. Pour lui, le combat commence dans la tête. « Cet album parle de se libérer de ses chaînes mentales. C’est une priorité pour notre continent », explique-t-il. Il remet en cause l’histoire écrite par les autres et invite chacun à retrouver sa propre vérité.
Entrepreneur culturel aux multiples casquettes – il gère également une clinique et un label de production – Aimann Raad refuse de se laisser enfermer dans les codes de l’industrie.
« Je ne considère pas faire un projet pour vendre. Si je devais enlever mes autres activités pour ne faire que l’artiste, ce ne serait plus Aimann Raad », assume-t-il avec force.
Une prière pour l’humanité
Le disque s’ouvre sur Send A Prayer, une invitation à envoyer des ondes positives vers autrui. Pour l’artiste, la spiritualité est un moteur quotidien qui dépasse les religions. Que l’on se recueille au Vatican, à la Mecque ou devant le mur de Jéricho, l’essentiel est ailleurs : « Dieu est en soi. Tout le monde regarde dehors alors que c’est à l’intérieur qu’on doit regarder. »
Avec ses 15 titres, dont plusieurs versions dub mixées par Manjul, Freedom marque le début d’un cycle ambitieux intitulé Journey of Life (Voyage à travers la vie). Disponible en digital, CD et bientôt en vinyle, cet album est, selon son auteur, un rappel que, dans le tumulte du monde, la musique reste un espace de résistance et d’élévation. Comme il le dit si bien en guise de conclusion : « One love, one destiny and freedom is a must. »



