04282026Headline:

Le Maroc a dénoncé l’instrumentalisation des détroits et des voies maritimes internationales

Le Royaume du Maroc, par la voix de son Représentant permanent auprès des Nations Unies, Omar Hilale, a dénoncé l’instrumentation des détroits et des voies maritimes comme moyens de pression et de chantage, en allusion à la fermeture du Detroit d’Ormuz .

Lors d’un débat ouvert de haut niveau sur la sécurité maritime au Conseil de sécurité, lundi, l’Ambassadeur marocain s’est insurgé contre les menaces voilées de fermer le détroit d’Ormuz, qui, dit-il, se veut une « artère vitale » pour l’énergie dans le monde entier.

Il a qualifié la situation actuelle de « profondément préoccupante », soulignant qu’aucun État, quelles que soient ses prétentions à la légitimité, n’a le droit de prendre le monde en otage à cause de ses voies maritimes.

« Les mers sont un patrimoine commun à toute l’humanité et non pas des cartes de chantage dans les mains de ceux qui ont érigé l’hostilité en doctrine politique depuis des décennies », a-t-il affirmé.

Le diplomate marocain a, d’autre part, condamné, avec la plus grande fermeté, les attaques perpétrées en mer d’Arabie, dans le golfe d’Aden et en mer Rouge, par des groupes armés à la solde de certains pays, les qualifiant de violations flagrantes du droit international et de la Charte des Nations Unies.

Il a affirmé que le Royaume du Maroc dénonce avec vigueur ces attaques odieuses contre les navires commerciaux qui ne sont justifiées par aucune logique politique ou idéologique.

Hilale a appelé la communauté internationale à assumer sa « responsabilité historique », notant qu’il est inacceptable de permettre que la géographie devient l’otage de l’idéologie et que les voies maritimes se transforment en armes entre les mains de pays qui, depuis des décennies, font de la déstabilisation, de l’ingérence dans les affaires d’autrui et du soutien aux milices armées, une politique régionale, en faisant fi de leurs obligations internationales et des appels de la communauté internationale.

Pour le représentant du Maroc, la sécurité maritime n’est plus une question secondaire, mais plutôt un pilier essentiel de l’architecture de la paix et de la sécurité internationales, rappelant que plus de 90% du commerce mondial transite par les mers et les océans. Toute atteinte à la liberté de navigation ou à la sécurité des détroits constitue ainsi une « attaque directe contre les économies des peuples et leurs moyens de subsistance », a-t-il fait noter.

Par ailleurs, l’ambassadeur a rappelé la situation géographique exceptionnelle du Maroc, au carrefour de l’Afrique et de l’Europe, et sur les rives du détroit de Gibraltar – l’un des points de passage maritimes les plus stratégiques au monde –, soulignant que pour le Royaume, la liberté de navigation n’est pas « un choix diplomatique », mais une obligation légale et un engagement existentiel dicté par la géographie, l’histoire et la préservation d’une prospérité partagée. Il a fait part de l’attachement ferme et continu du Royaume aux principes du droit international de la mer, en mettant en avant la contribution concrète et effective du Maroc au maintien de la sécurité maritime régionale et internationale, grâce à son implication dans les systèmes de coopération maritime et à la lutte contre la contrebande le long de ses côtes et de celles de ses partenaires.

Hilale a réaffirmé l’engagement plein et entier du Royaume, aux côtés de la communauté internationale, à renforcer la sécurité des voies maritimes vitales, à préserver la liberté de navigation internationale et à protéger le droit international de la mer contre toute violation. Il exhorte le Conseil de sécurité à adopter les positions claires qu’exige la situation actuelle, avertissant que « ce qui menace nos mers aujourd’hui menacera notre stabilité collective demain ».

La fermeture du détroit d’Ormuz, effective depuis fin février 2026 suite au conflit Iran-USA, risque de déclencher une crise alimentaire mondiale qui plongerait des millions dans la famine, a averti, pour sa part, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, appelant à maintenir les voies navigables internationales ouvertes, sûres et conformes au droit.

Ce fardeau pèse particulièrement sur les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement, a indiqué Guterres, relevant que plus de 20 000 marins et 2 000 navires commerciaux se retrouvent pris au piège dans un contexte de risques et de restrictions à la navigation.

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