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Le Président Alassane Ouattara a annoncé la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI)

Le président ivoirien Alassane Ouattara est revenu, ce mercredi, sur la décision de dissoudre la Commission électorale indépendante (CEI), déjà annoncée quelques heures plus tôt par le porte-parole du gouvernement à l’issue du Conseil des ministres.

Dans une publication diffusée sur ses réseaux sociaux, le chef de l’État affirme que la CEI, créée en 2001, a permis l’organisation de plusieurs cycles électoraux durant les vingt-cinq dernières années. Il reconnaît toutefois que l’institution a aussi fait l’objet de « critiques » et de « réserves » de la part d’acteurs politiques et d’une partie de l’opinion.

« Dans un souci constant de consolidation de notre démocratie et de renforcement de la confiance des acteurs politiques et de nos concitoyens », écrit-il, le Conseil des ministres a décidé « de la dissolution de la Commission électorale indépendante ». Selon Alassane Ouattara, cette mesure doit ouvrir la voie à « un nouveau mécanisme de gestion des élections » capable de garantir « des scrutins apaisés ».

Le communiqué du Conseil des ministres, publié par le porte-parolat du gouvernement, précise que cette dissolution a été adoptée par ordonnance, avec un projet de loi de ratification. Le texte souligne que les critiques formulées contre l’institution au terme du dernier cycle électoral ont motivé cette décision.

Une institution contestée depuis plusieurs années
La CEI était au centre des tensions politiques depuis plusieurs années, particulièrement autour de sa composition et de la gestion du fichier électoral.

L’opposition, notamment le PPA-CI de Laurent Gbagbo, le PDCI-RDA de Tidjane Thiam et le FPI de Pascal Affi N’Guessan, dénonçait régulièrement un déséquilibre en faveur du pouvoir. En avril 2025, les trois formations avaient suspendu la participation de leurs représentants à la CEI centrale, estimant que l’organe ne pouvait pas garantir un scrutin transparent.

Autre point de discorde : la liste électorale. Le PPA-CI avait évoqué des inscriptions jugées irrégulières et réclamé un audit indépendant du fichier. La radiation de plusieurs figures politiques, dont Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, Guillaume Soro et Tidjane Thiam, avait également renforcé les critiques de l’opposition, qui y voyait une volonté d’écarter certains candidats de la présidentielle.

Des contestations avaient aussi émergé après certains scrutins. Plusieurs recours avaient été déposés après la présidentielle de 2025, tandis que le Conseil constitutionnel avait annulé des résultats législatifs dans certaines localités, notamment à Toumodi et Dualla, entraînant des reprises de vote.

Réactions après l’annonce
Des organisations de la société civile réclamaient elles aussi une réforme de l’organe électoral. Certaines estimaient que la CEI manquait de transparence dans la gestion de la révision de la liste électorale et appelaient à une structure plus indépendante des partis politiques.

Parmi les premières réactions politiques, celle de Dr Ahoua Don-Mello, l’un des cinq candidats à la dernière élection présidentielle. Dans une première déclaration, il s’est félicité de la dissolution d’un « organe dont le passif a lourdement pesé sur la stabilité du pays. »

Il a toutefois appelé à la vigilance concernant le futur dispositif électoral. « L’enjeu est de taille : il ne faut surtout pas remplacer la peste par le choléra », dit-il.

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