Du jeudi 7 au samedi 9 mai 2026, la commune de Cocody a accueilli un grand forum international sur les troubles du sommeil. Des spécialistes africains et européens y ont échangé pour trouver des solutions thérapeutiques innovantes, certes coûteuses, mais surtout adaptées aux réalités du continent.
Pneumologues, neurologues et cardiologues ont passé trois jours à travailler sur le syndrome d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) et ses liens avec des maladies comme les AVC, l’hypertension ou le diabète.
À l’origine de ce congrès, la gériatre Dr Chérifa Onitadé Fagbemi a insisté sur l’urgence de miser sur la prévention. « Il faut éviter les dépenses énormes liées aux complications, surtout après un AVC », a-t-elle expliqué. Le Pr Alexandre Boko, pneumologue-somnologue au CHU de Cocody, a dévoilé des chiffres inquiétants : 26 % des Ivoiriens souffrent d’apnée du sommeil. Chez les diabétiques, ce taux monte à 60 %, et à 55 % chez les hypertendus.
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Il a appelé les populations à être attentives aux signes avant-coureurs , ronflements réguliers (au moins cinq jours sur sept), somnolence dans la journée, fatigue persistante ou hypertension qui ne répond pas aux traitements.
Le Pr Pierre Philip, du CHU de Bordeaux, a regretté que les bases du sommeil (durée, régularité, qualité) soient encore trop méconnues. Pour y remédier, il a présenté une application mobile gratuite (disponible sur Apple Store et Google Play) qui analyse les cycles veille-sommeil et repère les signes d’insomnie. Les habitants de Côte d’Ivoire, du Sénégal et du Bénin peuvent bénéficier gratuitement de conseils personnalisés via cet outil pendant une période d’essai de 17 jours.
Face à un plateau technique encore insuffisant, le Pr Gildas Agodokpessi (Bénin) a lancé un appel aux gouvernements. Il demande que les troubles du sommeil soient reconnus comme des maladies prises en charge par l’État, que les hôpitaux soient mieux équipés en matériel de diagnostic, et que le dépistage commence dès l’enfance pour éviter des retards cognitifs ou scolaires.
Cette 3ᵉ édition du séminaire Europe-Afrique veut changer la donne pour la médecine du sommeil sur le continent, en formant davantage de médecins et en sensibilisant le public aux bonnes habitudes alimentaires et comportementales.



