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Tunisie: la condamnation des journalistes et chroniqueurs Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies

Confirmant leur condamnation en première instance, la Cour d’appel tunisienne maintient des peines de trois ans et demi de prison contre deux journalistes, dans une affaire dénoncée par des ONG.

La Cour d’appel de Tunis a confirmé, mardi 12 mai, la condamnation à trois ans et demi de prison de deux journalistes tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies. Le jugement entérine la décision rendue en première instance en janvier, dans un dossier portant sur des accusations de «blanchiment d’argent» et «évasion fiscale».

La décision judiciaire intervient dans un climat de tensions persistantes autour des libertés publiques en Tunisie. L’avocat des deux journalistes, Sami Ben Ghazi, a exprimé sa «déception» face à un verdict qui valide sans modification la peine initiale. Les deux accusés, figures connues du paysage médiatique tunisien, restent ainsi exposés à une incarcération prolongée, dans un dossier qui suscite de vives réactions.

Des organisations de défense de la liberté de la presse ont rapidement réagi. Reporters sans frontières (RSF) a qualifié la procédure de «harcèlement judiciaire», estimant que cette affaire s’inscrit dans une dynamique plus large affectant les journalistes et acteurs médiatiques dans le pays.

Cette lecture renforce les inquiétudes exprimées ces derniers mois par plusieurs ONG internationales quant à l’évolution du cadre d’exercice du journalisme en Tunisie.

Ce jugement s’inscrit dans une série de procédures visant des figures publiques, dans un contexte marqué par un recours accru aux poursuites judiciaires, selon des observateurs et organisations internationales. Les autorités tunisiennes, de leur côté, n’ont pas communiqué de nouveaux éléments détaillant les motivations juridiques du maintien de la peine au-delà des chefs d’accusation initiaux.

Mis à part le cas individuel des deux journalistes, cette décision alimente les débats sur l’équilibre entre impératifs judiciaires et respect des libertés fondamentales dans le pays. Elle intervient alors que la Tunisie fait l’objet d’une attention soutenue de la part d’organisations internationales sur la question des droits civiques et du fonctionnement des institutions judiciaires.

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