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Le président nigérian, Bola Tinubu, a réitéré son appel urgent à renforcer l’intégration économique africaine

Le président du Nigéria, Bola Tinubu, a appelé mardi à une intégration économique africaine plus ambitieuse, axée sur l’industrialisation, la coopération régionale et le développement des infrastructures stratégiques du continent.

S’exprimant lors du Sommet Afrique–France organisé à Nairobi, en présence du président français Emmanuel Macron et du président kényan William Ruto, le chef de l’État nigérian a mis en avant le potentiel de l’économie bleue comme moteur de croissance pour l’Afrique.

Il a estimé que l’insécurité maritime et les incertitudes réglementaires ont longtemps freiné les investissements dans les secteurs liés aux océans et aux activités portuaires. Dans ce contexte, Bola Tinubu a annoncé que le Nigéria mettra à disposition des pays volontaires du golfe de Guinée les infrastructures de renseignement maritime de son projet Deep Blue afin de renforcer la coopération régionale.

Le président nigérian a insisté sur la nécessité de développer des systèmes interopérables, des cadres juridiques harmonisés et des mécanismes communs d’application de la loi pour sécuriser les voies maritimes africaines et attirer davantage d’investissements privés.

Il a également indiqué que le Nigéria poursuivra la modernisation de ses ports à travers l’intégration des enjeux climatiques et la numérisation du secteur maritime.

Selon Bola Tinubu, l’Afrique doit passer d’une « cécité maritime » à une véritable « souveraineté océanique », fondée sur une coopération renforcée entre États africains pour la protection des espaces maritimes et des infrastructures stratégiques.

Abordant la question de la réforme du système financier international, le président nigérian a estimé que l’architecture financière mondiale actuelle pénalise les économies africaines engagées dans l’industrialisation.

Il a rappelé que la part de l’Afrique dans la production manufacturière mondiale demeure inférieure à 2 %, en raison notamment de la dépendance aux exportations de matières premières, du manque de financements industriels accessibles et des flux financiers illicites.

Le chef de l’État a souligné que le Nigéria a entrepris plusieurs réformes économiques majeures, notamment la suppression des subventions sur les carburants, l’unification du taux de change et une recapitalisation bancaire de plus de 45,5 milliards de dollars destinée à restaurer la confiance des investisseurs.

Malgré ces efforts, il a regretté le coût élevé de l’endettement pour les économies africaines, précisant que le Nigéria devrait consacrer environ 11,6 milliards de dollars au service de sa dette en 2026, au détriment des investissements dans l’industrialisation et les secteurs productifs.

« Comment un fabricant africain peut-il être compétitif lorsque les coûts d’emprunt sont cinq à dix fois plus élevés qu’en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord ? », a-t-il interrogé.

Bola Tinubu a affirmé que l’Afrique ne réclame pas l’assistance, mais un système financier plus équitable permettant au continent de transformer ses ressources, raffiner ses hydrocarbures, produire localement des médicaments et renforcer sa compétitivité sur les marchés mondiaux.

Sur les questions migratoires, il a appelé à investir davantage dans les infrastructures, l’agriculture, l’énergie, les compétences numériques et les secteurs créateurs d’emplois afin de réduire les causes profondes de la migration irrégulière.

Le président nigérian a également plaidé pour une gouvernance mondiale plus efficace des migrations, en soutenant notamment les initiatives de l’Union africaine (UA) et le processus de Khartoum.

Le sommet a réuni des dirigeants et hauts responsables de plus de trente pays africains, ainsi que plusieurs personnalités internationales, dont le secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, António Guterres, et le président de la Commission de l’Union africaine (CUA), Mahamoud Ali Youssouf.

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