Le président angolais Joao Lourenço a achevé mercredi une visite d’État de trois jours en Algérie marquée par la signature de plusieurs accords sectoriels et par une volonté affichée des deux pays de renforcer leur coopération politique et économique sur le continent africain.
Reçu par le président Abdelmadjid Tebboune, le chef de l’État angolais a multiplié les déclarations soulignant les liens historiques entre Alger et Luanda, forgés durant la lutte pour l’indépendance de l’Angola. Devant les élus réunis au Palais des Nations, Joao Lourenço a affirmé que «sans l’Algérie, mon pays ne serait pas indépendant», une déclaration largement relayée dans les médias algériens et présentée comme un rappel du soutien apporté par Alger aux mouvements de libération africains durant les décennies postcoloniales.
Cette visite a également donné lieu à la signature d’accords et de mémorandums d’entente couvrant plusieurs secteurs, notamment les hydrocarbures, l’agriculture, l’industrie pharmaceutique, les énergies renouvelables, la santé, la numérisation, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur, les mines et les services aériens. Les deux gouvernements affichent ainsi leur volonté de renforcer les échanges économiques bilatéraux et de développer des mécanismes de coopération technique à l’échelle africaine.
Dans ses déclarations officielles, Abdelmadjid Tebboune a évoqué des «relations historiques remontant à la lutte commune pour se libérer du colonialisme», insistant sur la dimension politique et stratégique du rapprochement entre les deux pays. Les autorités algériennes mettent également en avant la formation des cadres africains comme un axe central de leur politique de coopération continentale, un sujet qui a occupé une place importante durant les discussions entre les deux délégations.
Le déplacement de Joao Lourenço s’inscrit plus largement dans la stratégie diplomatique déployée par Alger en direction des pays africains. Les deux présidents ont notamment mis en avant leur volonté commune de contribuer au développement économique du continent et de renforcer les capacités africaines dans plusieurs domaines industriels et technologiques. Le président angolais a ainsi déclaré que «l’Angola et l’Algérie ont les moyens de contribuer au développement de tout le continent africain».
Parmi les annonces concrètes figure l’ouverture d’une liaison aérienne directe entre Alger et Luanda à partir du mois de juillet prochain, présentée comme un nouvel instrument de rapprochement économique et humain entre les deux capitales. Les autorités algériennes considèrent ces connexions aériennes comme un levier destiné à renforcer les échanges commerciaux et institutionnels avec plusieurs partenaires africains.
La visite a également comporté une dimension symbolique, avec un échange de décorations entre les deux chefs d’État. En clôture de son séjour, Joao Lourenço s’est rendu à l’usine de dessalement d’eau de mer Fouka 2, dans la wilaya de Tipaza, ainsi qu’à l’École nationale supérieure d’intelligence artificielle d’Alger. Ces visites ont été présentées par les autorités algériennes comme une illustration des capacités techniques et technologiques que le pays souhaite partager avec ses partenaires africains.



