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Le nouveau module anti-corruption obligatoire pour les nouveaux fonctionnaires en Côte d’Ivoire

Abidjan, le 29 mai 2026. L’administration ivoirienne passe à l’offensive sur le terrain de l’éthique. La Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance (HABG), en collaboration avec le ministère d’État chargé de la Fonction publique et de la Modernisation de l’administration, a annoncé le lancement d’un programme de formation destiné aux nouveaux fonctionnaires.

Pour les deux institutions, il s’agira de promouvoir l’éthique publique et la lutte contre la corruption. Une première du genre qui entend toucher tous les agents recrutés désormais, dès leur entrée dans la maison État.

Un enseignement dès la prise de fonction
L’initiative répond au fait que la culture de l’intégrité ne se décrète pas, elle se transmet. D’où l’idée d’un module spécifique intégré au parcours d’intégration des nouveaux fonctionnaires. Dès leur prise de fonction, ceux-ci seront sensibilisés aux principes de bonne gouvernance, à l’éthique professionnelle, ainsi qu’aux dispositifs de prévention et de répression de la corruption. A terme, il s’agira de renforcer durablement la probité au sein de l’administration publique et de promouvoir une gouvernance fondée sur la transparence, la responsabilité et la recherche de l’intérêt général. Les sessions se déroulent au Centre de perfectionnement des fonctionnaires et agents de l’État Amadou Gon Coulibaly (CPFAE-AGC), une institution qui porte bien haut le nom de l’ancien Premier ministre, souvent salué pour sa rigueur. Il s’agit d’envoyer un signal fort quant à la volonté de faire de l’éthique une compétence aussi fondamentale que la maîtrise des outils budgétaires ou juridiques.

Des modules pour prévenir plutôt que guérir
Le programme a été élaboré avec l’appui de l’Académie de la Bonne Gouvernance et du Leadership Anti-Corruption (ABG-LAC). Il comprend plusieurs volets : les fondamentaux de l’éthique publique, les formes et les conséquences de la corruption, le cadre juridique et institutionnel ivoirien en la matière, les mécanismes de signalement des abus, ainsi que les bonnes pratiques observées dans d’autres administrations comparables. Le relief est placé sur la prévention. Plutôt que de simplement réprimer les fautes, l’idée est de donner aux agents les clés pour reconnaître une situation à risque, pour savoir à qui s’adresser en cas de doute, et pour comprendre que la probité n’est pas une contrainte mais une condition de l’efficacité collective. Les formateurs insistent notamment sur les conséquences concrètes de la corruption : détournement de ressources publiques, perte de confiance des citoyens, fragilisation de l’État de droit. Autant de thèmes qui résonnent particulièrement dans un pays où la lutte contre la gabegie a été érigée en priorité nationale ces dernières années.

Bâtir une administration plus crédible
À travers cette initiative, la HABG et le ministère de la Fonction publique réaffirment leur volonté commune de bâtir une administration moderne, crédible et performante, au service des citoyens. Cette démarche s’inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption 2024-2028, feuille de route adoptée par les autorités ivoiriennes avec l’ambition de faire reculer les pratiques déviantes. Elle participe également de la dynamique de modernisation de l’administration publique, amorcée depuis plusieurs années et renforcée par les réformes numériques. Former pour influer sur les réflexes. Les observateurs rappellent que l’éthique ne se limite pas à un module : elle suppose un environnement de travail sain, des contrôles effectifs, une justice indépendante et une hiérarchie exemplaire. Le gouvernement ivoirien en est conscient. Il mise sur un faisceau de mesures, dont celle-ci n’est qu’une pièce. Mais c’est une pièce essentielle. Car toucher les agents à l’entrée de leur carrière, c’est agir sur le long terme, en espérant que les principes inculqués résistent aux pressions quotidiennes.

 

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