André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) depuis 1980 et ancien ministre, est décédé le lundi 1 Juin à l’âge de 85 ans.
Figure singulière du centre droit francilien, il aura marqué pendant près d’un demi‑siècle la vie politique locale et nationale.
Un pilier de la droite francilienne
Né le 20 octobre 1940 à Paris, André Santini s’était imposé comme l’un des élus les plus influents de la petite couronne parisienne. Docteur en droit, passé par l’UDF puis l’UDI, il fut à la fois député, maire, responsable métropolitain et acteur des équilibres politiques dans les Hauts‑de‑Seine.
Son humour corrosif, ses formules mordantes et son sens de la répartie lui avaient valu une réelle notoriété au‑delà de sa commune. Il se présentait volontiers comme un « irréductible » de la politique locale, revendiquant son enracinement à Issy‑les‑Moulineaux.
Un maire bâtisseur et stratège urbain
Élu maire en 1980, André Santini a profondément transformé Issy‑les‑Moulineaux, alors ville ouvrière en reconversion, en un pôle tertiaire, numérique et médiatique de premier plan. Il a encouragé l’implantation d’entreprises de la communication, des médias et des technologies, faisant de la commune un laboratoire de la ville connectée.
Sous ses mandats successifs, les friches industrielles en bord de Seine ont laissé place à des quartiers d’affaires et d’habitation modernisés. Il revendiquait un urbanisme volontariste, assumant un dialogue étroit avec les grands groupes comme avec les opérateurs publics.
Portefeuille ministériel et mandats nationaux
Au niveau gouvernemental, André Santini a occupé à plusieurs reprises des fonctions de secrétaire d’État puis de ministre délégué, notamment à la Fonction publique. Il y défendait une vision réformatrice de l’administration, nourrie par sa longue expérience d’élu local.
Parallèlement, il a siégé de nombreuses années à l’Assemblée nationale, où il s’est fait remarquer par ses interventions souvent acérées et un travail assidu sur les dossiers institutionnels, territoriaux et de gestion publique.
Une fin de parcours assombrie
Ces dernières années, l’état de santé d’André Santini s’était fortement dégradé, sans l’empêcher de continuer à briguer la mairie qu’il dirigeait depuis plus de quarante ans. Hospitalisé de longue date, il avait mené une partie de son dernier mandat à distance, porté par une équipe municipale rodée.
Sa fin de carrière a également été marquée par des mises en cause judiciaires pour harcèlement moral et sexuel, qu’il contestait. Ces procédures ont nourri un débat sur le maintien en responsabilité d’un élu aussi âgé, sur fond de mobilisation contre les violences sexistes et sexuelles en politique.
Une succession ouverte à Issy-les-Moulineaux
La disparition d’André Santini ouvre une nouvelle phase politique à Issy‑les‑Moulineaux, où son nom était indissociable de la transformation de la ville. La majorité municipale devra désigner son successeur à la tête d’une commune prospère mais largement façonnée à son image.
À droite comme au centre, nombreux sont ceux qui saluent la mémoire d’un « maire bâtisseur » et d’un animal politique atypique, dont le style tranchait avec les codes policés de la vie publique. Ses détracteurs, eux, rappellent le poids des controverses et la question du renouvellement qu’il laissait en suspens.



