Selon les données en temps réel de Bloomberg, le 7 juin 2026, Aliko Dangote possède plus 36, 7 milliards de dollars. Cest le nouveau chiffre attribué à la fortune de l’homme d’affaires nigérian, le plus connu du continent. Jamais sa richesse n’avait atteint un tel sommet.
Depuis le début de l’année, son patrimoine s’est étoffé de 6,77 milliards de dollars, soit une hausse de 22,6 %. La raison principale de cette embellie tient en un mot : la raffinerie. Cette infrastructure gigantesque, construite à Lagos après plus de dix ans de travaux, a fini par entrer en production au début de l’année 2024. Avec un coût avoisinant les 20 milliards de dollars, elle est aujourd’hui présentée comme la plus grande raffinerie d’Afrique.
Le Nigeria redevient exportateur de produits pétroliers
L’impact sur le pays a été quasi immédiat. Pour la première fois depuis plusieurs décennies, le Nigeria est redevenu exportateur net de produits pétroliers. Environ 44 000 barils quittent chaque jour les côtes nigérianes à destination des marchés régionaux. Une petite révolution, dans un pays qui importait encore récemment l’essentiel de ses carburants raffinés. La raffinerie fournit désormais plusieurs pays africains : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Cameroun et la Tanzanie. Cette expansion régionale permet au groupe Dangote de dégager une part croissante de ses revenus en devises fortes, réduisant ainsi sa dépendance au seul marché domestique. Aliko Dangote détient 92,3 % de cette raffinerie, devenue l’actif le plus stratégique de son portefeuille. La raffinerie n’a pourtant pas tout changé. Le ciment reste un soutien de taille. Dangote possède environ 86 % de Dangote Cement, première cimenterie du Nigeria et société la plus valorisée de la Bourse nigériane. Sur le dernier exercice fiscal, le groupe cimentier a enregistré un bénéfice record, supérieur à 1 000 milliards de nairas. Son titre a grimpé de 162 % en douze mois.
L’entreprise profite d’une demande soutenue en matériaux de construction, portée par la croissance démographique et l’urbanisation rapide à travers le continent. Les autres filiales cotées du groupe Dangote Sugar et Nascon Allied Industries représentent à elles seules près d’un tiers de la capitalisation de la Bourse du Nigeria. Un poids considérable. D’autres projets sont dans les tuyaux. Le groupe prépare une introduction en Bourse de la raffinerie d’ici septembre 2026, sur plusieurs places financières, dont la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM) et la Nigerian Stock Exchange (NGX). Par ailleurs, un contrat de 400 millions de dollars a été signé pour étendre les capacités du site et doubler la production opérationnelle d’ici 2029. Le groupe envisage aussi de se lancer dans la production de linéaire alkylbenzène, un composant essentiel pour les détergents. Un investissement estimé à 11,5 milliards de dollars, avec des technologies fournies par l’américain Honeywell.
Le Kenya et l’Éthiopie, prochaine destination
L’expansion ne s’arrête pas aux frontières ouest-africaines. Aliko Dangote a annoncé son intention de construire une nouvelle raffinerie au Kenya. Parallèlement, en partenariat avec Ethiopian Investment Holdings, son groupe développe une usine d’engrais de 2,6 milliards de dollars dans la région de Gode, en Éthiopie. Mise en service prévue en 2029, avec une production annuelle de trois millions de tonnes d’urée. Pour sécuriser son approvisionnement énergétique, Dangote a par ailleurs conclu un accord de fourniture de gaz de 4,3 milliards de dollars avec le groupe chinois GCL. De quoi alimenter ses futures installations et garantir une autonomie relative. Né en 1957 à Kano, dans le nord du Nigeria, Aliko Dangote a commencé par une activité de négoce de ciment, lancée grâce à un prêt familial. Après avoir diversifié ses affaires dans le sucre, la farine, le sel puis le ciment, il a réorienté son groupe vers la production industrielle à la fin des années 1990. Aujourd’hui, l’industriel nigérian s’impose comme l’un des moteurs de l’industrialisation du continent. Ses ambitions dépassent le ciment pour toucher à l’énergie, la pétrochimie et les engrais, des secteurs que beaucoup considèrent comme stratégiques pour la souveraineté économique africaine.



