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Journée de la Femme minière : A Lafigué, on exploite, on se conseille et on avance avec Endeavour mining


Le lundi 15 juin 2026, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, la femme est célébrée dans les mines. Sous le soleil de Lafigué, de la végétation à perte de vue, à côtés des installations block modèles, mais aussi ces femmes qui participent à décodifier le travail dans les différentes cinq mines d’Endeavour mining en Afrique de l’Ouest. La société canadienne exploite Ity (Danané) et Lafigué (Dabakala) en Côte d’Ivoire, Houndé et Mana (ex-SEMAFO) au Burkina Faso, ainsi que Sabodala-Massawa au Sénégal. De ces différents sites, les femmes contribuent fortement à impacter la production aurifère régionale.

Elles sont plus d’une cinququantaine, lieux des mines d’Ity et de Lafigué, toutes vêtues de leurs équipements de sécurité, l’orange de travail comme étendard. Le 15 juin 2026, la mine de Lafigué, l’une des 5 perles du groupe Endeavour Mining en Côte d’Ivoire, a accueilli la toute première édition de la Journée internationale de la femme minière. Pendant 2 jours du 15 au 16 juin, ces opératrices, géologues, techniciennes de process et spécialistes en exploration vont partager leurs expériences, diffuser leurs bonnes pratiques et mettre en relief des compétences techniques trop souvent invisibilisées. À Houndé, au Burkina Faso, l’autre site du groupe vit la même effervescence avec la mine de Mana-Fobiri.

Double rendez-vous ouest-africain pour une même ambition de valoriser le savoir-faire féminin dans des métiers longtemps réservés aux hommes.
La mine de Lafigué , située dans le nord de la Côte d’Ivoire, est un eldorado récent. Mais ce jour-là, c’est une autre richesse que l’on célèbre, celle du leadership au féminin. Marie Bernadette, directrice santé, sécurité, environnement (HSE) du site depuis juillet 2025, ouvre les échanges par un témoignage qui enseigne et incite. Arrivée dans le secteur minier, il y a dix ans, jour pour jour, le 31 mai 2016, la jeune manager sénégalaise a connu la brousse, les doutes, les promesses faites à un père inquiet, et ce déclic qui change une vie. De Dakar à la brousse, Marie Bernadette a surmonté vents et marrées pour se construire un idéal dans l’écosystème minier. Tout a commencé par une scène. À l’époque, une école partenaire de la mine de Sabodala (Sénégal) reçoit une demande de stagiaires. Marie Bernadette, étudiante à Dakar, dépose son CV à la dernière minute, sans trop y croire. « Honnêtement, le milieu minier ne m’attirait pas du tout , confie-t-elle. J’étais en pleine session d’examens. Quand on m’a contactée, j’ai dit non. » Les autres candidats étaient dans la même situation. La mine patiente. Elle termine ses épreuves un samedi, et le lundi suivant, elle quitte Dakar pour huit cents kilomètres de route vers l’inconnu.

 

J’avais goûté à la mienne. Je ne voulais plus rentrer à Dakar.
La première nuit en brousse, elle se dit qu’elle ne restera pas. Et pourtant. Après six mois de scène, elle veut rentrer pour un maître, comme promis à son père. Les ressources humaines lui opposent un refus de mutation. Mais un départ imprévu crée une opportunité pour celui d’un poste d’Officier HSE à pourvoir. Elle se présente, sans expérience d’entretien, face à deux autres candidats. Elle est retenue. « J’avais goûté à la mine. Je ne voulais plus rentrer à Dakar. » Elle trouve finalement un maître en ligne, reste en poste, et gravit les échelons. Aujourd’hui, elle est directrice HSE. Le chemin est balisé, mais il n’a rien de linéaire. Devant un auditoire de ses paires, Marie Bernadette pose trois piliers. D’abord, l’état d’esprit positif. « Si on n’a pas cet esprit, on ne peut pas évoluer dans un monde où l’homme est dominant en effectif. Vous allez prendre des coups, il y aura des frustrations, des échecs. L’important, c’est la manière dont on réagit. Ne cherchez pas ce qui fait mal, cherchez ce qui vous fait avancer. » Deuxième pilier, la résilience. « Tout ne sera pas rose. Il y aura des moments très difficiles. Mais il faut comprendre que ça va passer. » Se préparer psychologiquement aux équations complexes relève du parcours obligé. Troisième levier, le développement personnel. « Dans la mine, comme dans le processus ou la géologie, il faut toujours aller vers la connaissance. Se mettre à jour. Si vous pensez que le diplôme suffit, vous stagnez. » Et un conseil pratique, presque intime : trouver un mentor. « Quelqu’un qui est déjà passé par vos problèmes, qui a trouvé des solutions. Cela vous fait gagner un temps précieux. »

Face aux hommes, face au miroir : Les vraies questions tombent
Une participante demande. En 2016, avec si peu de femmes dans les mines, n’a-t-elle pas essuyé des remarques désobligeantes, des remises en cause ? « Des critiques indirectes, oui. Mais la bonne réponse, c’est de laisser le fruit de votre travail faire du bruit pour vous. Au début, on doute de vous parce que vous êtes une femme. Puis vous devenez plus efficace que certains. La confiance s’installe, le respect suit. » Son credo est de ne pas gaspiller son énergie à vouloir fermer les bouches. « Vous n’avez pas le contrôle sur ce que disent les autres. Concentrez-vous sur ce que vous contrôlez : vos résultats. » Autre question, plus personnelle : comment concilier vie professionnelle et foyer, alors que les mines exigeant des semaines entières sur site ? Marie Bernadette avoue sa chance : son mari travaille aussi dans le milieu. « Nous vivons les mêmes réalités. Il comprend mes absences. » Pour celles dont le conjoint est extérieur au secteur, elle ne voit qu’une solution : la communication .

« Transparence, dialogue. Et les journées familiales organisées par les RH, où les partenaires viennent voir le site, offrent beaucoup à faire comprendre notre quotidien. »
Une dernière intervenante interroge sur le financement des formations. Tout n’est pas à charge de l’entreprise. « J’ai payé une partie de mes formations moi-même. N’attendez pas tout de la compagnie. Aujourd’hui, des plateformes gratuites existent. Prenez les devants. » Après ce moment d’échanges, l’ambiance s’allège. Un jeu du « tabou minier » est lancé pour faire deviner des mots techniques sans utiliser les termes interdits. « Forêt » pour « environnement », « métal précieux » pour « or », « machine » pour « process ». Les rires fusent. Les équipes se mélangent de la maintenance à la géologie, à la sécurité en passant par l’usine afin de tisser des liens entre femmes de métiers différents, lieux de sites distincts.

Trois piliers pour avancer
Devant ses paires, elle se libère. « Dans un milieu dominé par les hommes, vous allez recevoir des coups, des frustrations. L’important, c’est la manière dont vous réagissez. Ne cherchez pas ce qui fait mal, cherchez ce qui vous fait avancer. Tout ne sera pas rose. Il y aura des moments très difficiles, mais ils passeront. Préparez-vous psychologiquement. Ne croyez jamais que vous avez fini d’apprendre. Stagner, c’est reculer. » Elle insiste aussi sur l’importance d’avoir un mentor, quelqu’un qui a déjà surmonté les mêmes obstacles. D’autres femmes partagent leurs difficultés de concilier un enfant en bas âge avec un emploi exigeant, assumer seule la charge mentale du foyer, faire face aux préjugés. Stéphanie, technicienne froide, raconte comment elle a dû confier son bébé à quatre mois pour suivre sa formation. Megan et Murielle évoquent la séparation d’avec leurs enfants, la fatigue des postes de nuit, et les refus de mutation qui les ont pourtant exploités vers de nouvelles opportunités. Les échanges révèlent d’une même conviction que l’union fait la force. Les femmes des mines appellent à plus de solidarité, à la création d’associations, au réseautage. Pour la présidente de l’association des femmes d’Ity, « Si nous nous mettons des bâtons dans les roues, nous perdons. Soutenons-nous, même si nos histoires ne sont pas toujours belles. » Cette journée a permis de poser des mots sur les réalités du métier, de briser l’isolement et de semer des graines de l’inclusion. Les participants se répartissent avec des contacts, des conseils et la certitude que la mine, demain, se fera avec elles et grâce à elles.

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