Une prétendue « note d’information » annonçant la fin des fonctions du Directeur général de la Police nationale (DGPN), Youssouf Kouyaté, circule depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux.
Présenté comme un document officiel de la Présidence de la République, le visuel affirme qu’un décret du 23 juillet 2026 aurait nommé l’Inspecteur général de Police, Dosso Siaka, directeur général par intérim.
Après vérification, ce document est un faux. La Direction générale de la Police nationale vient en effet de réagir sur sa page Facebook officielle. Elle a publié le document falsifié en y apposant la mention « FAKE NEWS », confirmant ainsi qu’aucun changement n’est intervenu à la tête de l’institution.
Campagnes de désinformation
Nommé le 9 janvier 2017, le Général Youssouf Kouyaté dirige la Police nationale depuis plus de neuf ans. Il affiche ainsi l’une des plus longues longévités à ce poste sous la gouvernance d’Alassane Ouattara. À la tête d’un secteur stratégique comme la sécurité, cette permanence témoigne d’une confiance renouvelée des autorités, ce qui explique l’attention suscitée par toute rumeur évoquant son départ.
Cette intox s’inscrit dans une série de campagnes de désinformation visant régulièrement la Police nationale. Ces dernières années, plusieurs faux documents attribués au commandement policier ont circulé sur les réseaux sociaux. L’un d’eux annonçait, à tort, la suspension des contrôles routiers dans la commune de Cocody sur ordre du DGPN. Après vérification, la note s’était révélée entièrement falsifiée.
Les auteurs de cette fausse information seront retrouvés par la Police
D’autres rumeurs ont également ciblé l’institution, notamment une fausse information faisant état de l’incendie de la résidence privée du Directeur général de la Police nationale, démentie par la DGPN. Ou encore des rumeurs sur l’arrestation du Général Siaka Dosso et d’un commissaire du nom de Ouattara en septembre 2024.
Les forces de l’ordre ont aussi interpellé des individus se faisant passer pour des policiers ou des responsables de la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC) afin d’escroquer des internautes. À cela s’ajoutent de faux avis de recrutement dans la police, utilisés pour soutirer de l’argent à des candidats.
Plus largement, les institutions ivoiriennes font face à une recrudescence des fausses informations, particulièrement à l’approche des échéances électorales. La Présidence, la Justice, les forces de sécurité et d’autres administrations sont régulièrement ciblées par des documents falsifiés ou des contenus manipulés.
De lourdes peines
Ce dimanche, la police nationale a accompagné sa publication d’un avertissement sans équivoque. « Les auteurs de cette fausse information seront retrouvés par la Police », promet-elle.
Pour rappel, plusieurs auteurs de fausses informations, administrateurs de pages et cyberactivistes ont déjà été interpellés ces derniers mois par la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité (PLCC) pour des faits similaires.
En Côte d’Ivoire, l’article 173 du Code pénal punit la publication ou la diffusion de fausses nouvelles, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers d’une peine d’un à trois ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 000 à 5 000 000 FCFA, lorsque ces faits sont de nature à jeter le discrédit sur les institutions ou à troubler l’ordre public.
Lorsque les faits sont commis au moyen d’un système d’information ou relèvent de la cybercriminalité, d’autres dispositions de la loi n°2013-451 du 19 juin 2013 relative à la lutte contre la cybercriminalité peuvent également s’appliquer, avec des peines pouvant aller jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 10 000 000 FCFA d’amende, selon la nature de l’infraction retenue par la justice.



