
Sa présidente Danielle Boni-Claverie estime dans une déclaration de presse dont copie est parvenue à la rédaction de koaci.com que «cette peine est en totale inadéquation avec l’inculpation de troubles à l’ordre public ».
Pour elle, à travers cette peine, les autorités ont la volonté obstinée d’écraser et de réduire l’opposition au silence en instrumentalisant la justice.
«Comment ne pas y voir une volonté irascible de détruire l’expression démocratique qui se nourrit par définition de contradictions ? » s’interroge la Présidente de l’URD.
Elle comprend pas pourquoi, en 2017, toute la Nation a été prise en otage, au gré de humeurs d’ex combattants, les autorités n’ont rien eu à dire que justifier l’injustifiable en donnant 7 millions de FCFA à chacun des 8 400 mutins.
«Personne n’a été emprisonné ni privé de ses droits civiques. Quand il y a eu mort d’hommes à Bouaké, personne n’a été emprisonné ni privé de ses droits civiques, » a déploré Danielle Boni-Claverie.
«Quand en 2013 a éclaté le scandale de la réhabilitation des universités publiques à coût de milliards, scandale qui avait occasionné le limogeage d’un directeur administratif et financier, personne n’est allé en prison et n’a été privé de ses droits civiques, » a-t-elle ajouté.
Tout en condamnant la sentence infligée au 18 personnes de l’opposition, la Présidente dénonce le fait que le pouvoir « s’en prend à un haut cadre du parti du Président Laurent Gbagbo sous le fallacieux prétexte d’un mandat d’arrêt datant de mars 2013 et dont les scellés seraient très opportunément levés 5 ans après nous fait craindre pour l’avenir. »
«Le Pouvoir, en s’en prenant aux libertés fondamentales des citoyens s’installe dans une logique belliqueuse et répressive. Contester est un droit constitutionnel et le confisquer est une arme à double tranchant. Demander une réforme consensuelle de la CEI, c’est vouloir tout simplement créer les conditions d’élections justes et transparentes. En quoi, cela est-il inacceptable ? » explique Danielle Boni-Claverie.
Elle soutient par ailleurs qu’exiger la garantie d’une justice impartiale est une condition de la protection des citoyens et réclamer la réconciliation nationale n’est en rien contestable.
«A partir de quel niveau d’exaspération, le gouvernement acceptera-t-il d’entendre le grondement d’une population exaspérée. Il appartient à ceux qui nous dirigent d’enclencher après 7 ans de tensions et de rancœurs, le processus de normalisation qui permettrait à notre pays de s’épanouir enfin dans une atmosphère apaisée, propice à la stabilité du pays et à l’épanouissement de ses citoyens, » a-t-elle conclu.
Pour rappel, le 22 mars 2018, répondant à l’appel des Partis de l’opposition, des milliers de démocrates s’apprêtaient à marcher pour exprimer leur mécontentement et leur volonté de voir la Commission Electorale Indépendante (CEI) recomposée et pour inviter le gouvernement à un dialogue inclusif afin d’aboutir à une réforme consensuelle de cette Institution .
A peine arrivés sur les lieux de rassemblement que « ces démocrates ont subi une répression inqualifiable de la part des forces de l’ordre avec à la clef des blessés et l’emprisonnement de 18 personnes à la Maca. »
Abidjantv.net


