L’organisation se montre incapable à aligner les détenteurs de véto. Sur la crise à Gaza, les nations unies sont paralysées par le veto américain au CS. Hier, jeudi 18 septembre 2025, à l’occasion du conclave, le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas réussi à impulser une pause dans le conflit à Gaza.
Le vote sur une résolution appelant à un cessez-le-feu à Gaza a échoué (lamentablement) après une opposition ferme des États-Unis, seuls à voter contre un texte soutenu par les quatorze autres membres. Ce nouvel épisode éclaire l’impasse dans laquelle se trouve l’ONU face aux crises contemporaines, confrontée au droit de veto dont disposent les cinq membres permanents du Conseil.
Un vote bloqué malgré l’urgence humanitaire
La résolution adoptée visait à instituer un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza, où la guerre s’éternise depuis bientôt deux ans. Plus de 60 000 Palestiniens ont péri selon les derniers bilans, alors que l’armée israélienne a lancé une offensive terrestre importante dans le nord de l’enclave. Les États-Unis ont justifié leur refus en dénonçant un texte qui ne reconnaît pas, selon eux, le « droit d’Israël à se défendre ».
Leur représentante a accusé la résolution de légitimer la propagande du Hamas, groupe armé à l’origine de l’incursion du 7 octobre 2023.
Washington a de nouveau mis en avant la nécessité d’un arrêt des hostilités conditionné à la libération des otages détenus par le Hamas, tout en reprochant à ce dernier d’instrumentaliser la situation humanitaire à Gaza. Les quatorze autres membres ont voté en faveur, mais la règle du veto américain rend cette majorité inefficace. Ce pouvoir de blocage est détenu également par la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni, et il est souvent pointé du doigt comme un frein majeur à l’action collective de l’ONU.
Des voix dénoncent l’impasse et les souffrances à Gaza
Plusieurs membres du Conseil ont réagi après le vote, dénonçant la paralysie du Conseil face à la catastrophe humanitaire. Le Royaume-Uni a insisté sur la nécessité urgente d’un cessez-le-feu et jugé « téméraire » l’expansion des opérations militaires israéliennes. Londres a évoqué une « famine créée de toutes pièces » par le blocus imposé à Gaza, rappelant les frappes meurtrières comme celle contre l’hôpital pour enfants, en plein cœur de la cité palestinienne. Riyad Mansour, représentant permanent de la Palestine à l’ONU, n’a pas mâché ses mots. Il a accusé Israël de commettre un génocide, un nettoyage ethnique et une politique d’affamement contre le peuple palestinien.
Le palestinien a également pointé la perte de crédibilité du Conseil, dont le silence est, selon lui, lourd de conséquences, notamment à cause du veto américain qui empêche l’institution d’assumer pleinement sa mission de protection des civils. La Russie a dénoncé ce qu’elle a qualifié de « septième veto américain » depuis le début de la guerre. Pour Moscou, les États-Unis transforment le Conseil en « spectateur naïf de la tragédie », incapable de freiner l’escalade. De son côté, la France a condamné l’intensification des opérations militaires israéliennes, affirmant qu’elles n’ont « plus de logique militaire ». Paris a également affirmé son opposition à toute occupation durable de Gaza ou à un déplacement forcé de la population.
Un système à bout de souffle
L’ONU éprouve de sérieuses difficultés à faire respecter la paix dans un monde où cinq puissances détiennent un droit de veto qui équilibre le pouvoir mais limite aussi son efficacité. Ce mécanisme est perçu par de nombreux États comme antidémocratique, car il autorise un seul membre à bloquer une résolution même largement soutenue par les autres pays. Dans le cas de Gaza, ce droit de veto a empêché l’adoption d’une mesure urgente alors que la situation humanitaire se dégrade rapidement, avec un million et demi de personnes confrontées à une famine définie par l’ONU le 22 août dernier.
Le blocus israélien est accusé d’aggraver cette crise, tandis que la population, les infrastructures et les services de santé subissent quotidiennement les conséquences du conflit. La présidence tournante du Conseil, assurée par la République de Corée en septembre, avait souligné le caractère symbolique de cette 10 000e réunion.
Comme l’a rappelé son représentant, le nombre impressionne autant que les défis qui restent à relever. Mais les discussions, souvent bloquées sur les questions les plus sensibles, laissent dans l’ombre des centaines de milliers d’habitants de Gaza pris au piège de la violence et de la privation. La question du droit de veto et de sa place dans le système onusien revient au centre des débats de gouvernance mondiale. Le paralysant sur certains dossiers, ce mécanisme freine la prise de décision collective et alimente le sentiment d’impuissance face à des crises complexes, Lourdes de conséquences humaines.



