Le procès en Assises des partisans de l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo est arrivé à son terme, le mardi 10 mars, au petit matin.
Les 79 présumés auditionnés par le juge Dembélé Tahirou et ses jurés connaissent désormais leur sort. Le verdict rendu mardi nuit a mis fin au suspense et au stress de ce long procès démarré depuis le mois de décembre 2014. La nouvelle est bonne chez certains proches et ex-collaborateurs du prédécesseur du président Alassane Ouattara au palais présidentiel d’Abidjan. Affi N’guessan, bien d’autres détenus et ex-détenus de la crise post-électorale peuvent désormais humer l’air frais de la liberté recouvrée. Plus de prison pour ces ex-dirigeants contre qui le tribunal d’Abidjan a requis des peines en deçà de celles déjà purgées. Même s’ils vont devoir prendre des dispositions pour reverser à l’État de Côte d’Ivoire une amende pécuniaire de 950 milliards de F. Cfa arrêtée par le tribunal.
A contrario, d’autres prévenus comme l’ex-Première dame, Simone Gbagbo, certains officiers dont l’ancien patron de la Garde républicaine, le Général Dogbo Blé et l’ex-commandant de la marine, Vagba Faussignaux, vont devoir retourner dans leurs cellules respectives pour continuer à purger leurs peines. Ces prévenus ont été lourdement condamnés à l’issue de ce procès retentissant présenté comme le lieu de la manifestation de la vérité sur les violences qui ont entraîné des milliers de victimes, au terme des précédentes joutes présidentielles. Toutefois, ces proches de Laurent Gbagbo peuvent encore nourrir un dernier espoir de recouvrer leur liberté, au nom de décrispation et de la volonté de réconciliation qu’a affiché le président de la République, Alassane Ouattara.
Il y a deux mois, lors des échanges de vœux qu’il a eus avec les journalistes, le chef de l’État a laissé entrevoir cette volonté de recourir à ses prérogatives discrétionnaires pour «solder les questions relatives à la crise post-électorale». «Une fois qu’on aura eu tous les jugements, le chef de l’État qui a un certain nombre de prérogatives en matière de grâce et d’amnistie va les proposer à l’Assemblée Nationale. Bien évidemment, tout ne sera possible qu’une fois les décisions de justice seront rendues. Je ne prendrai aucune décision qui puisse interférer avec les décisions justice», avait déclaré publiquement M. Ouattara. Le chef de l’Exécutif ivoirien avait même manifesté le désir de voir s’accélérer les procédures de justice pour qu’il joue sa partition. Car, précisera-t-il: «Je n’aime pas voir les gens en prison. Mais, en même temps, je voudrais laisser la justice faire son travail….».
Ce travail des juges étant achevé, et sur la base des promesses faites, les regards sont tournés vers le palais d’Abidjan. Nul doute que de grandes décisions vont tomber. Le président de la République va certainement enclencher la procédure de l’amnistie auprès du Parlement dont la prochaine session s’ouvre le mois prochain. A moins de choisir l’option de la grâce dont ila lui seul le pouvoir, pour éventuellement libérer certains des désormais condamnés” à l’issue des procès en Assises. Dans la dynamique des élections, prévues dans les 7 prochains mois, ce geste contribuerait à décrisper un peu l’atmosphère sur le territoire ivoirien où certains observateurs redoutent encore les scénarios passés.
L’inter



