L’opposant ivoirien Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, a affirmé jeudi, à l’issue de son audition à la police criminelle d’Abidjan, qu’il refusait d’accepter son exclusion de la présidentielle d’octobre, après avoir porté plainte contre X pour « manipulation » de son dossier de candidature invalidé par le Conseil constitutionnel.
« Ce matin, nous sommes venus apporter des éléments et des éclairages complémentaires à la plainte déposée devant le procureur de la République », a déclaré l’ancien Premier ministre, à l’issue de sa convocation.
Les raisons d’une plainte
« J’ai porté plainte contre X parce que je ne sais pas qui est à l’origine des manipulations de mon dossier. Il appartient désormais à la police de vérifier s’il ya eu manipulation et d’en retrouver les auteurs », a-t-il poursuivi.
M. Affi a soutenu en effet que le Conseil constitutionnel lui a « attribué » 46 546 parrainages, alors que, selon lui, sur la clé USB déposée à la CEI, le chiffre s’élevait à 44 382 parrains dans 20 régions, soit 120,49 % du nombre nécessaire, évoquant un écart manifeste.
Notre objectif est clair : être réintégrés dans le processus électoral, car nous avons rempli toutes les conditions, qu’elles soient administratives ou liées aux parrainages
« Entre les deux institutions, il existe un différentiel de 2 164 parrainages. Ce n’est évidemment pas acceptable », at-il dit Selon lui, il est « évident » que le document ayant servi de base au rejet de sa candidature n’est pas celui initialement transmis à la Commission électorale indépendante (CEI). « Notre objectif est clair : être réintégrés dans le processus électoral, car nous avons rempli toutes les conditions, qu’elles soient administratives ou liées aux parrainages », a insisté M. Affi, en dénonçant une « exclusion injuste ».
Un processus électoral contesté
Le 8 septembre, le Conseil constitutionnel a validé cinq candidatures sur les soixante déposées , écartant plusieurs figures majeures de l’opposition, dont Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Affi N’Guessan. Seuls le président sortant Alassane Ouattara, Simone Gbagbo, Ahoua Don Mello, Henriette Lagou et Jean-Louis Billon ont été retenus pour l’élection prévue le 25 octobre.
Ce filtrage drastique a ravivé les tensions politiques, l’opposition accusant le pouvoir de verrouiller le jeu électoral. Pour Affi, qui avait déjà prononcé une « confiscation démocratique », la plainte déposée visait à rétablir ses droits et à obtenir un arbitrage impartial.
Un appel à l’impartialité de la justice
« Nous faisons confiance à la justice ivoirienne pour que cette plainte soit menée à terme et que toutes les personnes concernées soient entendues », a déclaré le président du FPI.
« La justice doit prouver son impartialité, c’est ce que nous attendons », a-t-il ajouté, appelant les autorités à laisser éclater la vérité.



