04102026Headline:

Catastrophe écologique en cours en Bolivie: les lois «incendiaires» mises en cause

En Bolivie, une catastrophe écologique sans précédent se poursuit. Cette année, plus de 10 millions d’hectares de forêts et de terres agricoles ont été ravagés par les flammes. Mais ces incendies ne sont pas que le fruit du hasard : des lois controversées, appelées lois incendiaires, encouragent indirectement l’expansion agricole aux dépens de l’Amazonie.

En Bolivie, les incendies de forêt sont presque devenus une norme saisonnière. En dix ans, près de 41 millions d’hectares ont été victimes des incendies.

Dans certaines communautés, les pertes sont colossales, comme à Quiquibey, dans le parc Madidi. « Les incendies de l’année dernière étaient graves. Nous avons eu des pertes de flore et de faune, de pertes de récoltes, des dommages économiques pour les communautés parce que les produits qui ont été brûlés ne peuvent pas être récupérés rapidement… la banane plantain par exemple ou le manioc », raconte Vincent Canare, agriculteur.

« Lois incendiaires » en soutien à l’agriculture
Le pays est donc aujourd’hui confronté à une véritable catastrophe écologique. Et ce notamment à cause d’une série de lois promulguées depuis 2013 qui permettent le défrichement, sous prétexte de soutenir l’agriculture, mais sans réelle protection écologique.

Résultat, ces textes ont favorisé la propagation des feux, comme l’explique la sénatrice bolivienne Cecilia Raquena. « Cette politique répond à la vision selon laquelle pour produire plus d’aliments en Bolivie, nous devons étendre la frontière agricole. Et cela inclut également les forêts. Ces lois n’étaient pas destinées à favoriser les incendies, mais en fin de compte, de manière directe ou indirecte, nous avons fini par promouvoir l’expansion des terres cultivables, en réduisant les sanctions et en générant des incitations. »

La loi 337 par exemple, en supprimant certaines amendes, a entraîné une hausse des brûlis en Amazonie qui, avec les sécheresses prolongées liées au changement climatique, deviennent souvent incontrôlables.
Pour les habitants des zones concernées, c’est un non-sens : cet outil de développement agricole contribue à la déforestation massive et à l’appauvrissement du territoire.

« Les ressources naturelles stratégiques sont affectées. Et l’une des conséquences de cette destruction concerne évidemment la santé, l’accès à la nourriture, l’accès à l’eau et l’accès au travail, nous explique Alex Villca Limaco, militant de l’environnement à Rurrenabaque. Cela met également fin ou en péril le patrimoine naturel et culturel du peuple bolivien. À long terme, les gens, ne trouvant pas de nourriture ou les moyens de subsistance qu’ils avaient traditionnellement, seront forcés de se déplacer vers les grandes villes. » Ce dont témoigne Dario Mamio Serato, producteur, qui est parti de San Buenaventura après avoir vu ses champs de cacao partir en fumée sous ses yeux. « Pour nous, c’est devenu très difficile. J’ai dû me rendre dans un autre endroit pour pouvoir recommencer à travailler. »

 

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