À moins d’un mois de la présidentielle d’octobre 2025, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Gnamien Konan, tire la sonnette d’alarme sur l’atmosphère politique tendue qui entoure ce scrutin. Dans une déclaration aux allures de réquisitoire, il met en garde contre l’illusion que des élections, aussi transparentes soient-elles, suffiraient à réconcilier un peuple meurtri par trois décennies de crises politiques.
Pour l’ancien ministre Gnamien Konan, l’une des grandes inquiétudes réside dans l’absence remarquée des acteurs religieux et traditionnels dans la médiation nationale. « Où sont les hommes de paix ? Où sont nos religieux, nos rois et chefs traditionnels ? », s’interroge-t-il, dénonçant un vide institutionnel et moral. Gnamien Konan estime que ces figures, censées être des gardiens de l’unité et de la cohésion nationale, se sont murées dans un silence assourdissant, alors que la Côte d’Ivoire traverse une période décisive de son histoire.
Le Grand Médiateur et le Président de la République interpellés
Il interpelle également le Grand Médiateur et le Président de la République, qu’il accuse de ne pas assumer pleinement leur rôle d’arbitre et de rassembleur et pointe du doigt une élite plus soucieuse de préserver des intérêts égoïstes que de construire un avenir de paix.
Dans son analyse, Gnamien Konan ne ménage pas la classe politique, qu’il accuse de nourrir la division à des fins personnelles. Selon lui, des responsables payés par les impôts des Ivoiriens sillonnent le pays pour attiser les clivages, au lieu de prêcher l’unité. « Depuis des décennies, ces acteurs qui, sans la politique, ne seraient rien, occupent les plateaux de télévision pour vociférer la division », martèle-t-il.
Le procureur veut traiter les symptômes en oubliant la maladie
L’ancien ministre déplore également l’attitude de certains compatriotes qui, selon lui, se complaisent à dénigrer la Côte d’Ivoire à l’étranger, contribuant à ternir son image sur la scène internationale. Pour lui, la véritable maladie du pays n’est pas judiciaire mais morale et politique : « Le procureur veut traiter les symptômes en oubliant la maladie », illustre-t-il, soulignant que la réconciliation ne se décrète pas, mais se construit sur l’humilité et la reconnaissance mutuelle.
Dans son plaidoyer, Gnamien Konan invoque l’héritage de Félix Houphouët-Boigny, père fondateur de la nation ivoirienne, qu’il présente comme un modèle de dialogue et de recherche constante de la paix. Il invite les acteurs politiques à s’inspirer de cette philosophie pour privilégier l’intérêt supérieur de la nation.
Retrouvons l’esprit d’Houphouët-Boigny
« Si nous sommes vraiment les enfants d’Houphouët-Boigny, nous pouvons trouver une voie », affirme-t-il, appelant à dépasser les querelles partisanes pour bâtir une Côte d’Ivoire inclusive et prospère.
L’ancien ministre rappelle que les scrutins passés n’ont pas apporté la réconciliation attendue, mais au contraire aggravé les fractures sociales et politiques. Selon lui, les élections à venir risquent de consacrer la victoire d’un camp sur l’autre, sans pour autant rapprocher les Ivoiriens. « Voilà trois décennies que ça dure », rappelle-t-il, en soulignant que la véritable victoire ne se mesure pas au triomphe électoral, mais à la capacité de construire la cohésion nationale.
Ivoiriens, mes frères, Ivoiriennes, mes sœurs, ressaisissons-nous. Le monde entier nous regarde
Enfin, Gnamien Konan en appelle directement au peuple ivoirien. « Ivoiriens, mes frères, Ivoiriennes, mes sœurs, ressaisissons-nous. Le monde entier nous regarde », exhorte-t-il. Pour lui, la paix et la réconciliation ne relèvent pas seulement des institutions, mais de la responsabilité collective de chaque citoyen.
À travers ce message fort, l’ancien ministre met en évidence les défis majeurs de la Côte d’Ivoire à l’aube de la présidentielle 2025 : transformer le rendez-vous électoral en une opportunité de dialogue, et non en une nouvelle étape de division.



