Voir ou revoir la vidéo de Pierre Narcisse N’Dri Kouadio sur France 24 à propos de la rencontre entre Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié à Bruxelles.
Il y a beaucoup de mystère autour de cette rencontre. Il n’y a pas eu de déclaration, ni d’images à vous montrer. Est-ce qu’on peut savoir ce que se sont dit Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo ?
Je ne suis pas d’avis avec vous pour dire qu’il y a eu un mystère, puisque la rencontre a été sanctionnée par un communiqué final. Je pense que le communiqué final résume tout, et pour ceux qui savent lire entre les lignes, on dénote que c’est une rencontre fraternelle, et les deux anciens chefs de l’État ont pu aborder les grandes questions de la vie de la nation. Donc, soyez rassuré, il y a eu une préoccupation qui a été formulée, et les deux anciens chefs de l’État ont ressenti le besoin d’apporter un éclairage à l’opinion nationale et internationale à travers ce communiqué.
Qui est à l’origine de cette rencontre ? Est-ce l’ancien président Bédié ?
C’est l’expression d’une volonté conjointe des deux anciens chefs d’État.
Vous soulignez surtout la réconciliation nationale, il y a encore du travail. Est-ce que, selon vous, il y a eu des progrès qui ont été faits depuis 2011 ?
Des progrès, mais très timides. On avait espéré que la réconciliation nationale, dès la mise en place de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), allait être un élément catalyseur du rapprochement entre les Ivoiriens. Cependant, à ce jour, nous notons, comme le communiqué le laisse transparaitre, que des problèmes graves persistent.
A savoir le recul des acquis, plutôt des atteintes aux acquis démocratiques, l’emprisonnement de certains leaders politiques et militaires, et le maintien en exil de certaines personnalités politiques. C’est autant de choses qui nous préoccupent. Et comme vous l’avez indiqué, à l’approche des élections présidentielles de 2020, ces questions méritent d’être appelées et traitées.
On va essayer de lire entre les lignes. Vous disiez dans le texte que les deux présidents disent regretter les atteintes portées contre les acquis démocratiques dans le pays et appellent notamment au respect de l’autonomie de fonctionnement des partis politiques, et enfin de l’ingérence du pouvoir exécutif. C’est clairement une attaque coordonnée contre l’actuel président Alassane Ouattara ?


