
« La Somalie fait face à sa pire sécheresse en 40 ans. Des familles, des agriculteurs, ont tout perdu et ont dû tout quitter à cause de l’impact du réchauffement climatique. L’année dernière, 33 000 personnes sont mortes de faim. La moitié étaient des enfants de moins de cinq ans. C’est un des pays qui a le moins contribué au changement climatique, mais qui en souffre le plus », déplore Walter Mawere, arrivé de Somalie.
Une action symbolique
Au son de « Jerusalema », succès afro-pop du DJ sud-africain Master KG et d’autres tubes, les militants présents ont défini, au moyen d’une corde jaune, un cercle occupant un quart de la place monumentale au centre duquel étaient allongés trois signes dollar, composés de plus de 450 cartons noirs. Vers 9 heures, ces cartons ont été progressivement retournés pour révéler leur face verso verte, changeant la couleur des signes tout entiers, marquant le temps fort de la mobilisation faite à l’appel des associations écologistes Fridays for Future, 350 France, Avaaz et Glasgow Action Team.
« C’est une ola de carton », décrit Anne Cormille, 22 ans. « L’image est assez claire : c’est pour passer d’une finance sale à la finance verte », explique l’étudiante en géosciences qui déplore que le Sommet de Paris « n’évoque même pas d’arrêter le financement des énergies fossiles », pourtant source des problèmes climatiques auxquels il entend répondre.
Alors pour aider les pays pauvres à faire face, Harjeet Singh Ardjit Sing, du réseau d’ONG internationales Climate Action Network (CAN) réclame un principe de pollueurs payeur. « Un tas de compagnies pétrolières ont fait des bénéfices records l’année dernière : 200 milliards de dollars ! Vous vous imaginez ? Ce sont les mêmes entreprises qui sont responsables du problème depuis le départ. Il n’y a aucune excuse. L’argent est là, il faut simplement le mettre au bon endroit », a-t-il déclaré.
« Planète invivable, États, lobbies coupables » ou encore « Keep it in the Ground » (laissez-les – les sources de carburants fossiles – dans le sol, en français), étaient les slogans répétés en chœur par quelques chanteuses et tous les participants sur fond de musique techno-électro.
Entre les banderoles et le signe dollars étalé en grand sur la place, un faux tuyau ciblait en particulier l’entreprise française Total et son projet pétrolier, EACOP, en Ouganda et Tanzanie, accusé d’amplifier la crise climatique au détriment des populations locales.
« On ne peut pas demander aux dirigeants de se mobiliser et en même temps totalement condamner » le sommet en cours, a estimé Soraya Fettih porte-parole de 350.org. « Ce qui est clair, c’est que ce sommet ne va mener à aucune prise de décisions contraignantes et fortes », a-t-elle déploré.


