Face aux impacts de la crise au Moyen-Orient, l’Egypte apporte une réponse gouvernementale articulée autour de l’énergie et du soutien social.
Le Premier ministre égyptien Mostafa Madbouly a présenté, mardi 21 avril, devant le Parlement, un bilan détaillé des mesures exceptionnelles engagées pour faire face aux répercussions d’une crise géopolitique mondiale sur l’économie nationale, selon des déclarations officielles relayées par la presse publique . Cette intervention s’inscrit dans un contexte marqué par de fortes perturbations des marchés énergétiques internationaux, notamment liées aux tensions dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour environ 20% du pétrole mondial.
S’inscrivant dans cette dynamique, le chef du gouvernement égyptien a structuré l’action publique autour de deux priorités : la sécurisation des approvisionnements énergétiques domestiques et le maintien de la stabilité économique interne.
«La rationalisation de l’énergie n’était pas un choix, mais une nécessité imposée par les données de la crise», a-t-il déclaré devant les députés, soulignant l’ampleur des ajustements engagés.
Une cellule interministérielle a été mise en place dès le déclenchement des tensions afin d’évaluer les impacts sur les flux commerciaux et énergétiques.
Ce cadre d’intervention s’appuie sur des données jugées préoccupantes par l’exécutif. Les exportations transitant par le détroit d’Ormuz ont chuté de 20 millions à 3,8 millions de barils par jour, entraînant une hausse significative des coûts énergétiques. La facture mensuelle des importations de gaz naturel a ainsi atteint 1,65 milliard de dollars, contre 560 millions auparavant, soit un surcoût estimé à 1,1 milliard de dollars mensuels. En parallèle, le secteur touristique régional enregistre des pertes quotidiennes évaluées à 600 millions de dollars, liées à la baisse des flux de voyageurs.
Face à ces pressions, le gouvernement égyptien a activé un plan de rationalisation énergétique incluant la réduction de l’éclairage public, la fermeture anticipée des commerces, ainsi que le gel temporaire de certains projets industriels fortement consommateurs de carburant. Dès la première semaine, ces mesures ont permis d’économiser 18 000 MWh d’électricité et 3,5 millions de m³ de carburant. L’instauration d’une journée hebdomadaire de télétravail a également généré des économies supplémentaires de 4.700 MWh et près de 980 000 m³ de combustible.
En prolongement de ces ajustements, l’exécutif a mis en place un dispositif de soutien social visant à atténuer l’impact de l’inflation. Une enveloppe de plus de 40 milliards de livres égyptiennes a été allouée aux aides directes, tandis que le salaire minimum doit atteindre 8 000 livres mensuelles à partir de juillet, pour un coût global estimé à 100 milliards de livres. Selon Madbouly, ces décisions visent à préserver le pouvoir d’achat dans un environnement marqué par la hausse des prix de l’énergie, tout en maintenant la cohésion économique et sociale.



