05242022Headline:

Guinée-Bissau, qui veut éliminer Domingos Simoes Pereira?

Arrestation ou assassinat, l’ancien Premier ministre bissau-guinéen, Domingos Simoes Pereira dit craindre pour sa vie. Le député et chef de l’ancien parti au pouvoir, le PAIGC, qui domine la vie politique en Guinée-Bissau depuis l’indépendance en 1974, était l’adversaire du président Umaro Sissoco Embalo au second tour de l’élection présidentielle en janvier 2020, dont il conteste les résultats. “Domingos Simoes Pereira et sa famille vivent dans la peur permanente”, nous confie un membre influent du directoire du PAIGC. L’opposant Domingos Simoes Pereira qui est interdit de quitter le territoire depuis février 2022, en raison d’une enquête sur une tentative de coup d’État en 2021, est quasiment assigné à résidence depuis son retour au pays.

Le procureur général de la République, Bacary Biaye, qui avait annoncé le placement sous contrôle judiciaire de l’ancien chef de gouvernement de 2014 à 2015, sous le président José Mario Vaz (2014-2019), ne dispose à ce jour d’aucune preuve de l’implication de ce dernier dans une quelconque tentative de déstabilisation.

Au cours de la même période, la justice bissau-guinéenne, avait saisi le président de l’Assemblée nationale Cipriano Cassama dans le but de lever l’immunité parlementaire de Domingos S. Pereira. Au PAIGC, les soutiens de l’ex-Premier ministre crient à l’acharnement. “Le pouvoir veut éliminer notre champion”, affirme Alicia Gomès, membre du PAIGC depuis trente-deux ans.

A Bissau, la situation de l’ancien Premier ministre inquiète les chancelleries et organisations internationales, qui redoutent une escalade de la violence si la situation venait à perdurer. Selon nos informations, plusieurs organisations internationales insistent dans les coulisses auprès de Umaro Embalo pour désamorcer l’atmosphère politique.

Peine perdue. Le 19 mars 2022, la police a empêché la tenue à Bissau d’un congrès du PAIGC, après des divergences internes à la formation, ayant conduit à des heurts avec les forces de l’ordre. Plusieurs militants du PAIG ont été frappés, molestés, et grièvement blessés. L’opposant Domingos S. Pereira accuse son rival Umaro Embalo d’empêcher la tenue de ce congrès appelé à désigner le futur candidat du parti à la présidentielle.

“Umaro Embalo ne peut jamais remporter une élection présidentielle transparente ici à Bissau face à notre leader Domingos Simoes Pereira. Il le sait et il fait tout pour l’écarter. Malheureusement l’argent a tourné la tête à certains traites parmi nous. Ils ont décidé d’échanger la conviction politique avec argent et voitures”, nous lâche Ahmed Umaro Barry, militant de première heure du PAIGC. “Faux”, s’exclame Alberto Gassama, proche du président Bissau-guinéen.

Il poursuit :”ce qui se dit ça et là relève d’un mensonge grossier de l’opposition. Le PAIGC est en perte de vitesse et a perdu la majorité partout. C’est l’amère vérité que Domingos Pereirà refuse d’admettre”, affirme ce dernier.

La tension à Bissau entre opposition et pouvoir commence à inquiéter la CEDEAO et l’Union Africaine. L’institution panafricaine présidée par Macky Sall, proche de Umaro Embaló, ne s’est pas encore publiquement prononcée sur la situation délétère qui prévaut dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest. Pour l’heure, l’opposant Bissau-guinéen Domingos S. Pereira vit reclus à son domicile, souvent l’objet de coupures intempestives d’eau et d’électricité. L’ex-candidat à la présidentielle de 2019, est hanté par le spectre d’une arrestation ou d’une exécution sommaire.

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