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Obsèques d’Hamed Bakayoko : Ce n’était pas la grande déferlante à l’aérodrome de Séguéla à l’arrivée du corps sans vie du premier ministre Hamed Bakayoko

Dans une épître adressée à Barthelemy Zouzoua Inabo, le journaliste Fernand Dédeh relate la grande déferlante à l’aérodrome de Séguéla à l’arrivée, jeudi 18 mars 2021, du corps sans vie du premier ministre Hamed Bakayoko.

Ce n’était pas non plus la transe collective. Mais la douleur était notable, les larmes visibles, les visages fermés. Les populations tétanisées, sont soit tenues à distance par les forces de l’ordre, soit demeurées chez elles, pour voir le cortège traverser la ville et constater ainsi, la dure réalité. De Daloa à Séguéla, l’on aura noté: des attroupements dans les villes et villages traversés, des jeunes notamment, encadrés par la police ou la gendarmerie, attendaient de rendre hommage au premier ministre. En vain. Ils se sont contentés de voir passer les grosses cylindrées, à vive allure.
Ton camarade lui, est arrivé un peu plus tôt par les airs. Il est descendu directement la résidence présidentielle de Séguéla.
Trois hélicoptères ont déchiré le ciel de la capitale de la région du Worodougou ce jeudi noir. Le premier transportant les parents et le chef de famille des Bakayoko, Le diplomate et ancien président de la commission électorale indépendante, Youssouf Bakayoko, le deuxième, la délégation du premier ministre par intérim, Patrick Achi. Et le troisième, ayant à son bord, la dépouille de l’enfant du pays. Hamed Bakayoko, revenu cette fois chez lui, sur la terre de ses ancêtres, dans une caisse recouverte du drapeau national. La caisse est installée sur un command-car… « Eh Allah, Eh Dieu, c’est Hamed qui est là comme ça? », se lamente une dame en larmes. Une autre est sans voix, elle s’étouffe avec son écharpe. Elle cherche un bon angle pour s’assurer que ce corps sans vie qui avance lentement devant la bâche dressée pour la circonstance a l’aérodrome de Séguéla, est bien celui du Golden boy. Le premier ministre par intérim et la famille proche sont debout, justement sous la bâche pour saluer le patron, le chef du gouvernement, le premier ministre, le fils, le frère.
Accueil sobre. Puis le cortège quitte l’aérodrome. Hamed Bakayoko est bien chez lui. À Seguela, dans le Worodougou. Sans le savoir. Sans voir ses parents, assis dans les cours, les regards hagards, silencieux, affligés. Hamed Bakayoko, entre dans la ville de Séguéla sans taquiner les amis, les collaborateurs, sans s’arrêter pour saluer un frère ou une vieille connaissance reconnue dans la foule… La mort a inversé les rôles. Et changé les habitudes. Cette fois, la chose la mieux partagée est la douleur.
Dans la soirée, ton camarade était présent au stade Losseni Soumahoro. Il a assisté à la veillée religieuse à la mémoire de celui qu’il considère comme son fils.
Ce vendredi 19 mars 2021, séparation définitive. La douloureuse séparation en deux tableaux. En présence de tous ses amis venus de l’extérieur. Ils rallieront Séguéla par vol spécial pour certains. Levée de corps à la mosquée de Séguéla à 13 h. À 13 h30, cérémonie mortuaire suivie de l’inhumation dans la stricte intimité familiale. Hamed Bakayoko aura ainsi quitté la terre des Hommes. Mais son fils Tidiane pendant l’oraison funèbre à Ivosep, à Treichville, « Il nous a toujours appris à rester forts. Il était notre pilier, notre bouclier, notre héros. On a eu du mal à se résoudre à son départ de l’autre côté. Mais Dieu maitre du temps et des circonstances en a décidé ainsi. On ne peut que se soumettre à sa volonté. » a-t-il dit.

Sapel MONE

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