À quelques mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, les États-Unis intensifient leurs échanges avec les acteurs politiques. Après le PDCI, l’ambassade américaine à Abidjan a rencontré des députés du PPA-CI, la formation politique de l’ancien chef d’État.
L’ambassade des États-Unis à Abidjan a annoncé, jeudi, avoir échangé avec des députés du PPA-CI, le parti de Laurent Gbagbo. Une démarche qui intervient dans un climat politique tendu, marqué par les débats sur l’éligibilité de certains leaders de l’opposition, dont le fondateur du mouvement.
Les États-Unis au cœur du dialogue politique
« Dialogue pour la démocratie et la confiance ! L’Ambassadeur Davis Ba a échangé avec les députés du PPA-CI à l’Assemblée nationale sur notre engagement commun pour des élections libres et transparentes en Côte d’Ivoire », a indiqué la représentation diplomatique américaine, le 27 février, dans un message publié sur sa page Facebook.
« Cette rencontre, la deuxième après celle du PDCI, fait partie d’une série de discussions avec les partis politiques visant à renforcer le processus démocratique », a souligné l’ambassade.
Cette déclaration marque un signal fort des autorités américaines, qui suivent de près la situation politique en Côte d’Ivoire à l’approche du scrutin présidentiel de 2025. Plus largement, elle reflète la stratégie de Washington en Afrique de l’Ouest, où les USA privilégient un rôle de médiateur pour prévenir les crises électorales.
L’initiative diplomatique intervient alors que l’opposition, notamment le PPA-CI et le PDCI, critique les décisions de la Commission Électorale Indépendante (CEI) et même sa composition, qu’elle juge déséquilibrée en faveur du pouvoir. Un autre point de friction concerne l’éligibilité de l’ancien président.
Condamné en 2018 pour le braquage de la BCEAO, l’ex-chef de l’État a bénéficié d’une grâce présidentielle en 2022, mais cette mesure n’a pas annulé sa condamnation, contrairement à une amnistie. En conséquence, son nom reste absent de la liste électorale, rendant impossible sa candidature au scrutin de 2025. Son parti considère cette situation comme une injustice politique et multiplie les démarches pour obtenir une réintégration de son leader dans le processus électoral.
Une pression diplomatique en perspective ?
Face au refus du gouvernement ivoirien d’accéder à ses revendications, le PPA-CI espère que les États-Unis useront de leur influence pour faire pression sur les autorités. L’objectif : obtenir une réhabilitation politique de leur figure emblématique et des élections transparentes.
Les précédentes interventions américaines dans la politique ivoirienne donnent du crédit à cette attente. En 2006, sous l’administration Bush, la diplomatie américaine avait imposé des sanctions contre plusieurs responsables politiques ivoiriens accusés de freiner le processus de paix.
Plus récemment, en 2010, en pleine crise post-électorale, Hillary Clinton, alors secrétaire d’État, avait pris des mesures contre Laurent Gbagbo et son entourage, leur interdisant l’accès au territoire américain.
Si les États-Unis n’ont pour l’instant pris aucune position officielle sur la question de l’éligibilité de l’ancien chef d’État, leur démarche de dialogue avec le PPA-CI pourrait marquer le début d’un engagement plus actif dans le processus électoral ivoirien. Le parti de l’opposition espère une médiation ou une pression diplomatique susceptible d’influer sur la position des autorités ivoiriennes.



