10282021Headline:

Réforme de la CEI / Bamba-Lamine crache du feu comme un dragon « C’est soit le chaos, soit la renaissance de la Côte d’Ivoire »

Ils sont une dizaine de partis politiques qui se sont prononcés, jeudi 20 juin 2019, dans un hôtel à Cocody, sur l’actualité sociopolitique, notamment la récente sortie du président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), Henri Konan Bédié, et la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei).

Le président de l’Union des sociaux-démocrates (Usd), Henri Niava, a alors salué, dans la déclaration qu’il a lue, la sortie du leader du Pdci, condamnant la réaction du gouvernement. Selon lui, Henri Konan Bédié a pointé du doigt des problématiques qui menacent le pays. Aussi l’a-t-il assuré du soutien de l’ensemble de ces partis de l’opposition.

« Agissant ainsi, le président Henri Konan Bédié a agi en véritable homme d’Etat, soucieux de la paix, de la stabilité, de l’unité et de la réconciliation nationale. A cet égard, les partis de l’opposition tiennent à lui apporter leur soutien indéfectible dans ce juste combat et à lui rendre un hommage mérité pour ce rôle de visionnaire dans la défense intransigeante des intérêts fondamentaux du peuple ivoirien. En réalité, ces faits s’inscrivent dans un contexte général de quasi faillite de tous les leviers de la nation ivoirienne, depuis l’accession d’Alassane Ouattara à la tête du pays », a déclaré Henri Niava. Et de dépeindre, au-delà des faits relevés par le « Sphinx de Daoukro », un tableau sombre de la situation sociopolitique ivoirienne marquée, selon lui, par des manquements tant au niveau politique que socioéconomique. « Les partis politiques de l’opposition constatent, avec amertume, que depuis l’accession de M. Ouattara au pouvoir suprême, de nombreux faits illustrent, de manière évidente, le recul du pays à divers niveaux, notamment le démantèlement systématique des acquis démocratiques arrachés de haute lutte. Ce recul démocratique se manifeste, entre autres, par la caporalisation de toutes les institutions de la République, en l’occurrence la Commission électorale indépendante, le Conseil constitutionnel, l’Assemblée nationale, les libertés individuelles. Au plan économique, l’on assiste à la mise en coupe réglée de l’économie nationale par le bradage des entreprises d’Etat au bénéfice et au service d’un clan familial, établissant, de façon éhontée, un conflit d’intérêt manifeste (…). Quant à la dette de la Côte d’Ivoire, elle s’accroit de façon exponentielle », a-t-il regretté. A l’entendre, ces points négatifs témoignent de l’incapacité des gouvernants actuels à « gérer le pouvoir d’Etat de manière démocratique, tout en préservant les intérêts fondamentaux du peuple ivoirien, dans le respect des principes de la bonne gouvernance ».

Des actions en vue…

Aussi a-t-il appelé, au nom de ses pairs, l’ensemble de la classe politique et des populations à se mobiliser pour faire évoluer la situation. Pour ce qui concerne la réforme de la Cei, dont il s’était, avec d’autres partis de l’opposition, retiré des discussions, le président du Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire (Rpci), Bamba Moriféré, a fait part de leur ambition de ne pas laisser prospérer le processus qui constitue, dans sa forme actuelle, un passage en force, selon lui. Il a d’ailleurs annoncé une réunion avec la société civile à cet effet. « Nous nous opposons au passage en force du gouvernement. Nous sommes réunis et je peux même vous dire que dans les jours qui viennent, nous avons une grande réunion avec la société civile. C’est le combat que nous continuons », a-t-il fait savoir.

Il a saisi l’occasion pour dénoncer la bataille ouverte actuellement entre l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guillaume Kigbafori Soro et son successeur, Amadou Soumahoro pour la présidence de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (Apf). S’il a implicitement pris parti pour le député de Ferkessédougou qui, pour lui, jouit de la légitimité, l’orateur a regretté la transposition de ce combat au niveau international. Il a toutefois exhorté les députés ivoiriens à dénoncer cette situation auprès des responsables de l’organisation. « Nous sommes solidaires de ce combat qui concerne l’Assemblée nationale. Cela fait partie du combat commun que nous devons mener pour mettre ce pouvoir hors d’état de nuire. L’équipe actuelle dont vous parlez n’a aucune légitimité pour recevoir la délégation. Je pense qu’il appartient aux députés, en tout cas ceux qui représentent l’opposition à l’Assemblée nationale, de prendre leur responsabilité, de dire la vérité à la délégation qui est venue », a conseillé l’ex-ministre Bamba Moriféré.

Quant à l’ex-ministre de la Communication, Affoussiata Bamba-Lamine, fille de Bamba Moriféré, et représentante de Guillaume, elle a réitéré l’appel à la mobilisation de tous les Ivoiriens. Car, a-t-elle souligné, toutes les frictions enregistrées dans la sphère politique actuellement, vise à occulter les véritables problèmes de la Côte d’Ivoire. « C’est un combat de tous les Ivoiriens, de tous les patriotes qui aiment ce pays. Parce que si nous n’y prenons garde notre pays va sombrer. C’est soit le chaos soit la renaissance de la Côte d’Ivoire. Nous n’avons donc pas le choix de laisser les choses perdurer et de ne rien dire », a-t-elle insisté.

Lire sur linfodrome

Comments

comments

What Next?

Related Articles