05282022Headline:

RFI et France 24 aphones au Mali

Cette suspension définitive de nos émissions continue de faire réagir en Afrique de l’Ouest. Ce vendredi matin, on retiendra ainsi la réaction du journal Mourya, La Voix du Niger. Lequel considère qu’il s’agit d’une « forfaiture » des « militaires au pouvoir à Bamako », que ce journal traite de « putschistes qui ne supportent pas la contradiction et sont à fond dans le musellement de la presse ». Mourya, La Voix du Niger dénonce une « chape de plomb digne des années staliniennes » ; espère que « les putschistes maliens » reviendront à « de meilleurs sentiments le plus tôt possible pour donner tout son champ à la liberté d’expression. En tout cas, l’avenir a toujours donné tort aux dirigeants qui ont tenté de museler leurs peuples », avertit Mourya, La Voix du Niger.

Au Mali, justement, l’armée française, la semaine dernière, a révélé la mise en scène d’un charnier à Gossi, dans le nord du pays, près du camp militaire que les forces françaises de l’opération Barkhane venaient de rétrocéder à l’armée malienne. Sur place, les habitants redoutent un vide sécuritaire et de nouvelles violences. À Gossi, un élu local rencontré par le journal français Le Figaro, confie que « les gens ont peur. Ils craignent les conséquences économiques du départ des Français, car de nombreux habitants de la région dépendent de Barkhane pour leur emploi, leur commerce, ou pour des revenus liés à de petits travaux ».

Mais ce que les habitants de Gossi redoutent « surtout » est un possible « vide sécuritaire », énonce Le Figaro, « on peut s’attendre à des représailles de la part des groupes jihadistes pour tous ceux qui auront travaillé ou été en contact avec la force Barkhane », prédit l’élu local, en évoquant aussi « un regain de violences, mais aussi davantage d’enrôlements dans les rangs des groupes armés terroristes ».

Se référant à plusieurs sources locales, Le Figaro assure par ailleurs qu’une vingtaine de mercenaires du groupe russe Wagner « seraient arrivés à Gossi au lendemain du départ de Barkhane ».

Reportage de ce quotidien également au Darfour, dans la ville de Kereinik et les villages alentour, à majorité masalit, une ethnie non arabe, contre lesquels, dimanche dernier, « des tribus arabes de l’ouest de cette région soudanaise » ont mené des représailles. Bilan provisoire : 201 morts.

C’est « l’une des attaques les plus meurtrières de ces deux dernières années », souligne ce journal. Un conflit qui s’est « rapidement exporté à Geneina », la capitale du Darfour-Occidental.

Comme le déplore Le Figaro, « malgré la signature des accords de paix de Juba, en 2020, entre le gouvernement soudanais et les principaux groupes rebelles, qui devaient mettre fin à dix-sept ans de conflit, les attaques contre les civils se multiplient (…) et menacent aussi la sécurité alimentaire ».

C’est un sujet des plus sensibles en Afrique en général comme en Afrique de l’Ouest en particulier, celui des violences faites aux femmes. Ainsi, en Côte d’Ivoire, selon une enquête officielle, les femmes sont de plus en plus exposées à la violence. Les femmes, mais pas que… Selon l’enquête démographique et de santé de 2011-2012 et le rapport 2021 d’analyse statistique sur les violences basées sur le genre du ministère en charge de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, « 36% des filles ivoiriennes sont mariées ou en union avant 18 ans » et « 38% des femmes entre 15 et 49 ans ont subi une excision », rapporte le journal LG Info.

Cette enquête indique également qu’en matière de mutilations génitales féminines, la Côte d’Ivoire « figure parmi les taux les plus élevés de l’Afrique de l’Ouest », complète-t-il.

Comme le souligne LG Info, l’analyse des données par tranche d’âge révèle, entre autres, que sur 693 cas de viols recensés dans cette enquête, près de neuf sur dix sont commis « sur des enfants ». Ce quotidien rapporte encore que, dans huit cas sur dix, les violences basées sur le genre « ont pour auteurs des personnes connues ou qui ont un lien avec la victime ».

Comments

comments

What Next?

Recent Articles