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Afrique du Sud: expérimente la réduction de la place de la voiture dans ses centres-villes pour créer des espaces plus sûr

Dans la ville de Johannesburg, en Afrique du Sud, difficile de se déplacer sans voiture. Métropole très étalée, ses différents quartiers sont reliés par de grands axes et les transports en commun peinent à se développer. Pour tenter de changer les choses, plusieurs organisations ont lancé une expérimentation ce mois d’avril, pour fermer – le temps d’un dimanche – une grande rue du centre-ville aux voitures et voir ce que cela pourrait donner.

Une foule joyeuse et insouciante parcourt Main Street, l’une des principales artères du centre-ville. Une scène habituelle le dimanche, dans beaucoup de métropoles, mais pas pour Johannesburg, dont le cœur historique n’invite pas aux balades. Tye, 17 ans, est venu, pour l’occasion, avec son vélo customisé qu’il peut faire tournoyer sur lui-même : « On vient d’arriver, avec toute la bande. L’ambiance est très sympa, et il n’y a aucune voiture, donc zéro problème. »

Afin de célébrer l’événement, des ateliers et des concerts ont été organisés sur près d’un kilomètre. Toutes les générations et les communautés sont représentées, dans une ville construite pour diviser plutôt que rassembler. De quoi réjouir Zviko, venue retrouver des amis : « Les enfants s’amusent, les adultes font de nouvelles rencontres… ça fait vraiment du bien. On a des gens qui d’habitude ne fréquentent pas les mêmes endroits et qui se découvrent ici. C’est de ça dont la ville a besoin ! »

Les efforts pour promouvoir des rues sans voiture s’accordent avec ceux visant à donner une nouvelle énergie au centre-ville, en déclin depuis les années 90. Et pour gérer les problèmes d’insécurité, l’axe est, tout du long, surveillé par des vigiles. Lindokuhle Ngema supervise l’événement pour l’organisation « Johannesburg Inner City Partnership » : « Il y a une telle énergie avec la communauté qui répond présent, dans un esprit citoyen ! C’est la première fois que je vis un dimanche comme celui-là. »

Les organisateurs espèrent que cette expérimentation pourra être reproduite de nombreuses fois pour, peut-être, un jour, interdire les voitures sur cette artère.

Des rues sans voitures, une opportunité à saisir
Les expérimentations se sont déjà développées, dans d’autres villes du pays et du continent, pour montrer les effets qui se font ressentir lorsque des rues sont sans voitures, en termes de changement des perceptions, sensibilisation environnementale et renforcement du lien social.

Roland Postma est le directeur de «Young Urbanists», un réseau qui tente de repenser les villes sud-africaines et qui a co-organisé l’événement en collaboration avec le mouvement «Jozi My Jozi» évoque ce projet.

« Cela n’a pas commencé avec nous. Nous poursuivons en fait le projet déjà mené par d’autres organisations et notamment «Open Streets Cape Town». Et ils ont eux-mêmes été inspirés par d’autres, dans le Sud global, plus précisément, Bogota. Maintenant, nous voulons que l’idée s’implante en Afrique. Cela a été fait notamment au Rwanda et au Kenya.

« L’Afrique du Sud, qui a des infrastructures très développées, a largement pris pour modèle l’ingénierie civile des transports américains des années 60, donnant la priorité aux voitures. Donc, il est très pertinent d’amener, ici, ces mouvements d’«Open Streets».

« Lorsque l’on construit tout autour de la voiture, on abandonne beaucoup de libertés et on obtient des villes, comme aux Etats-Unis, où il n’y a plus de place pour les habitations, les parcs et les communautés. Ça devient juste un réseau d’autoroutes et de parkings.

« Le continent s’urbanise rapidement et on ne peut pas se permettre de ne pas y réfléchir car ça coûtera des milliards ensuite, pour transformer les rues. Or, elles sont conçues maintenant et donc, l’opportunité est là de penser une politique africaine pour que ces rues appartiennent aux gens.»

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