04122026Headline:

Boualem Sansal a annoncé de poursuivre en justice le président algérien Abdelmadjid Tebboune

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal annonce engager une procédure judiciaire visant le président Abdelmajid Tebboune après sa grâce en 2025.

L’auteur franco-algérien Boualem Sansal a déclaré, samedi 11 avril à Paris, son intention d’«attaquer en justice» le président Abdelmadjid Tebboune, qu’il tient pour responsable de sa condamnation et de son incarcération en Algérie.

Invité à la Journée du livre politique organisée à l’Assemblée nationale française, l’écrivain de 81 ans a affirmé que la procédure était déjà engagée, tout en indiquant attendre «le bon moment» pour la rendre effective, selon ses propos confirmés à l’AFP.

S’exprimant lors d’une table ronde consacrée à l’engagement politique à travers le livre, aux côtés de l’avocat Richard Malka, Boualem Sansal a relaté avoir averti le président algérien dès sa détention. «Je lui ai dit: si vous me libérez, je vous attaque en justice», a-t-il déclaré publiquement. Il accuse Abdelmadjid Tebboune d’être à l’origine de sa condamnation, évoquant des chefs d’accusation graves tels que «terrorisme», «espionnage» et «atteinte à la sûreté de l’État».

Cette prise de position s’inscrit dans le prolongement de sa condamnation à cinq ans de prison, suivie d’une incarcération d’environ un an avant sa grâce présidentielle en novembre 2025.

L’écrivain a précisé que son avocat avait constitué un dossier en vue de saisir une juridiction internationale. Il a également mis en avant l’absence, selon lui, d’un «vrai procès», mentionnant le manque d’observateurs internationaux et de garanties procédurales.

Au-delà de son cas personnel, Boualem Sansal a évoqué la situation du journaliste sportif Christophe Gleizes, détenu en Algérie depuis mai 2024 et condamné à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme». L’écrivain a laissé entendre que le calendrier de son action judiciaire pourrait être influencé par ce dossier, dans un contexte plus large de tensions autour des libertés publiques.

Parallèlement, cette séquence judiciaire intervient dans un moment de recomposition éditoriale pour l’auteur. Après plusieurs années chez Gallimard, qui l’avait soutenu durant sa détention, Boualem Sansal a rejoint les éditions Grasset, filiale du groupe Hachette Livre.

Dans une tribune publiée dans Le Monde, il a justifié ce départ par une «divergence» sur la stratégie adoptée pendant sa détention, estimant que les démarches diplomatiques ayant conduit à sa grâce ne correspondaient pas à sa ligne de conduite face aux autorités algériennes.

What Next?

Recent Articles