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Brazzaville: Le Parti au pouvoir réclame la candidature de Denis Sassou Nguesso

Le Parti congolais du travail (PCT), formation politique au pouvoir au Congo-Brazzaville, a ouvert ce samedi 27 décembre son sixième congrès ordinaire dans la capitale, Brazzaville. La rencontre, organisée à un peu moins de quinze mois de l’élection présidentielle prévue le 22 mars 2026, a réuni plusieurs milliers de participants venus de toutes les régions du pays. Aux côtés des militants et cadres du parti, des représentants des formations alliées ainsi que des membres de l’opposition avaient également pris place dans la salle, invités à assister à la cérémonie d’ouverture.

Dans un contexte politique dominé par les interrogations autour de la prochaine présidentielle, ce congrès s’annonce comme une escale fatidique dans la préparation du scrutin. Les débats doivent notamment porter sur la ligne politique du parti, son organisation interne et les perspectives électorales à moyen terme.

Le congrès appelle à la continuité avec Denis Sassou Nguesso
Devant une assistance évaluée à près de 3 900 personnes, le secrétaire général du PCT, Pierre Moussa a publiquement invité le président de la République, Denis Sassou Nguesso, à se porter candidat à sa propre succession. « Le Parti congolais du travail appelle le président Denis Sassou Nguesso à présenter sa candidature à la prochaine élection présidentielle », a-t,il déclaré sous les ovations nourries des congressistes. L’appel, attendu par une partie des militants, a été formulé sans détour et présenté comme une nécessité pour le parti et, au-delà, pour le pays. L’argument de l’expérience mis en avant. Pour justifier cette demande, le secrétaire général du PCT a pris pour repose-pied l’expérience politique du chef de l’État. Âgé de 82 ans, Denis Sassou Nguesso est aujourd’hui l’un des dirigeants africains ayant passé le plus de temps au pouvoir. « Il est le plus expérimenté de la classe politique congolaise », a affirmé Pierre Moussa, évoquant un parcours marqué par plusieurs décennies aux commandes de l’État.

Le président Denis Sassou Nguesso, c’est monsieur courage…le garant de la paix…
Aux yeux de la direction du parti, cette longévité politique constitue un atout dans un environnement régional et international jugé instable. Le président sortant est également présenté comme une figure capable de maintenir la cohésion nationale et de préserver l’équilibre institutionnel du pays. La paix au Congo, il est l’épicentre de cette demande. Pierre Moussa a décrit Denis Sassou Nguesso comme « le garant de la paix », en notant les efforts constants déployés, selon lui, pour maintenir la stabilité du Congo. Cette référence revient régulièrement dans la rhétorique du PCT, notamment lors des grandes échéances politiques. « Le président Denis Sassou Nguesso, c’est monsieur courage », a encore déclaré Pierre Moussa, saluant ce qu’il considère comme une capacité à faire face aux crises et aux périodes de tension. Ces propos ont été tenus en présence de responsables politiques issus aussi bien de la majorité que de l’opposition, conviés à la cérémonie d’ouverture du congrès.

Un congrès aux allures de rassemblement politique et continuité pour Nguesso
Ce congrès se veut également un moment de mobilisation pour le parti présidentiel. Les délégations venues de l’intérieur du pays ont affiché leur soutien à la direction actuelle, dans une atmosphère ponctuée de slogans, de chants et de démonstrations de fidélité au chef de l’État. La présence de représentants de l’opposition, bien que symbolique, réaffirme la volonté du PCT de donner à l’événement une dimension nationale. Pour autant, aucune prise de parole éclairée de figures critiques du pouvoir n’a été signalée lors de cette première journée. Né en 1943, Denis Sassou Nguesso occupe une place centrale dans l’histoire politique du Congo depuis plus de quatre décennies. Il accède pour la première fois à la tête de l’État en 1979, dans un contexte de régime de parti unique. Il dirige alors le pays jusqu’en 1992, période qui s’achève avec l’organisation des premières élections pluralistes. Battu à cette occasion par Pascal Lissouba, il quitte le pouvoir avant d’y revenir en 1997, à la faveur d’une guerre civile qui plonge le pays dans plusieurs mois de violences. Depuis lors, il s’est imposé comme l’homme fort du Congo, remportant les élections présidentielles de 2002 et de 2009.

La révision constitutionnelle de 2015
En 2015, Denis Sassou Nguesso engage une réforme constitutionnelle qui modifie notamment les dispositions relatives à l’âge et au nombre de mandats présidentiels. Cette révision ouvre la voie à sa candidature lors de l’élection suivante, remportée en 2016. Cette réforme reste un point de débat récurrent au sein de la classe politique congolaise et continue d’alimenter les critiques de l’opposition, qui y voit une remise en cause des principes d’alternance démocratique. L’appel lancé par le PCT intervient alors que le paysage politique congolais commence à s’organiser en vue de la présidentielle de 2026. Si Denis Sassou Nguesso n’a pas encore pris la parole pour confirmer ou non ses intentions, la demande de son parti vient renforcer l’idée d’une possible nouvelle candidature. Du côté de l’opposition, les réactions formelles se font attendre, certains acteurs appellent à un renouvellement de la vie politique, tandis que d’autres dénoncent un système verrouillé de longue date.

À l’issue de cette première journée de congrès, une question demeure au centre des discussions : Denis Sassou Nguesso répondra-t-il favorablement à l’appel de son parti ? En attendant une éventuelle déclaration du président, le PCT poursuit ses travaux, affichant une unité sans faille autour de la figure de son leader historique. Dans un pays où la continuité du pouvoir reste un sujet sensible, cette séquence politique ouvre une nouvelle phase de préparation électorale, observée de près aussi bien à Brazzaville que dans les capitales africaines et au-delà.

 

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