La ville de Titao, jusque-là épargnée par les violences, a été la cible d’une attaque coordonnée menée par des groupes armés le samedi 14 février. Le bilan provisoire fait état d’au moins une vingtaine de morts, tandis que les habitants redoutent un retour des assaillants.
Dans le nord du Burkina Faso, une ville qui croyait pouvoir échapper à la spirale de la violence a vu son quotidien basculer. Titao, jusque-là préservée, s’est réveillée dans la terreur, camp militaire pillé, marché incendié, télécommunications détruites. En quelques heures, les assaillants ont transformé ce bastion de tranquillité en champ de ruines, laissant derrière eux une population traumatisée et endeuillée.
Une ville jusque-là épargnée survient le chaos
Titao, localité du nord du Burkina Faso, vivait jusqu’ici dans une relative tranquillité. Les habitants pensaient que leur ville, éloignée des foyers de violence, pouvait rester à l’abri. Mais cette illusion s’est effondrée en quelques heures. Samedi, des assaillants armés ont déferlé sur la cité, transformant une journée ordinaire en cauchemar. Les témoins décrivent une attaque d’une brutalité inédite, menée avec une précision militaire. La population raconte comment les assaillants ont frappé simultanément plusieurs points stratégiques. Le camp militaire, censé incarner la protection, a été pris d’assaut. Les soldats, surpris, n’ont pu empêcher le pillage des armes et des munitions. Dans le même temps, les infrastructures de télécommunication ont été détruites, plongeant la ville dans l’isolement. Privés de moyens de communication, les habitants se sont retrouvés coupés du reste du pays, incapables d’alerter rapidement les autorités. Le marché, cœur économique et social de Titao, a été envahi. Les commerces ont été dévalisés, puis incendiés, laissant derrière eux des ruines fumantes. Des camions de ravitaillement ont également été réduits en cendres, aggravant la détresse des familles.
Un bilan encore incertain
Le lendemain, le porte-parole des Forces armées burkinabè, le lieutenant-colonel Abdoul Aziz Ouedraogo, est apparu sur la télévision nationale. D’un ton solennel, il a confirmé l’attaque et assuré que « la situation est sous contrôle à Titao ». Il a salué « la vaillance et le professionnalisme des forces de défense », affirmant que plusieurs dizaines de terroristes avaient été neutralisés. Mais sur le terrain, les récits des habitants contredisent cette communication officielle. Les familles endeuillées parlent de proches tués dans la confusion, de maisons détruites et de vies bouleversées. Les sources locales évoquent au moins une vingtaine de morts, peut-être davantage.
Une population traumatisée
Après le départ des assaillants vers le nord, les habitants ont pris d’assaut les réseaux sociaux pour lancer des appels à l’aide. Les messages, empreints de peur et de désespoir, racontent une ville meurtrie et menacée. Beaucoup craignent un retour des rebelles, qui auraient promis de revenir. « Nous ne savons pas si demain ils reviendront », confie un commerçant dont l’échoppe a été réduite en cendres. Dans les rues, la peur est palpable. Les habitants vivent désormais dans l’angoisse, redoutant de nouvelles violences.
« Nous avons tout perdu, et nous n’avons plus de moyens de communication pour alerter le reste du pays. »
L’attaque de Titao illustre la persistance et la brutalité de la menace terroriste dans le nord du Burkina Faso. Si les autorités assurent avoir repris la main, la population reste suspendue à une angoisse celle de voir les assaillants revenir pour achever leur œuvre de destruction. Pour les habitants, la peur s’ajoute au deuil, et la ville, jusque-là épargnée, rejoint désormais la longue liste des cités meurtries par la violence.



