06122026Headline:

Coup d’État contre Doumbouya à Conakry ? Ce que l’on sait

Des tirs ont retentis à Conakry dés les premières heures du samedi 27 décembre 2025 alimentant des rumeurs sur un prétendu coup d’État contre le président guinéen Mamady Doumbouya, à la veille de l’élection présidentielle prévue le 28 décembre. Voici ce que l’on sait.

Un véhicule militaire camouflé vert et brun, de type blindé, remorquant un autre véhicule de transport de troupes, stationné dans une rue étroite en terre. Le véhicule est équipé d’une tourelle sur le dessus et est positionné près d’un camion noir avec des gyrophares rouges sur son toit.

En arrière-plan, on voit des personnes en uniforme, probablement des forces de sécurité ou des militaires, ainsi que des bâtiments aux murs jaunes et rouges avec des toits en tôle. L’atmosphère suggère une opération ou une présence militaire dans un environnement urbain ou rural. « Conakry : dans la matinée de ce samedi, après des tirs nocturnes à Sanfonia Africof », peut-on lire sur la banderole accompagnant l’image.

Une opération sécuritaire intense
Selon plusieurs médias guinéens, dont Guineematin.com, Africa Guinée et 224infos, un important dispositif militaire et policier a été déployé dès les premières heures du samedi 27 décembre dans le quartier de Sonfonia AFRICOF, en périphérie de Conakry.

Des témoins locaux rapportent la présence de véhicules blindés et d’éléments des forces spéciales lourdement armés. L’opération, qualifiée de « ratissage » par les habitants, implique des fouilles minutieuses des caniveaux et des tirs à balles réelles, accompagnés de gaz lacrymogènes.

« Nous n’avons pas dormi tellement que c’était violent. Les tirs et les explosions ont commencé très tôt, vers 4 heures du matin », confie un résident de Sonfonia AFRICOF à Africa Guinée.
Un autre témoin précise que le quartier est bouclé et que les agents sécuritaires semblent rechercher des individus dissimulés.

Sur d’autres images, on peut voir un véhicule rouge de type Toyota avec l’inscription “POMPES FUNÈBRES” écrite en blanc sur le capot, laissant penser qu’il y aurait des morts.

Mais pour l’heure, aucune autorité guinéenne n’a communiqué officiellement sur la nature exacte de cette intervention ni sur d’éventuelles arrestations ou morts.

11 626 policiers mobilisés
Cette situation survient alors que la Guinée se prépare à organiser son élection présidentielle ce dimanche 28 décembre 2025. À cette occasion, la Police nationale a annoncé un dispositif sécuritaire majeur sur l’ensemble du territoire pour garantir le bon déroulement du scrutin.

Selon le Contrôleur Général de Police Lanceï Camara, 11 626 policiers seront mobilisés, dont 7 878 dans la capitale, tandis que le reste est réparti dans les principales villes du pays, telles que Kindia, Boké, Mamou, Labé, Faranah, Kankan et N’Zérékoré.

Le directeur central de la Sécurité publique assure que ce plan vise à maintenir un climat de paix et de transparence, depuis l’ouverture des bureaux de vote jusqu’à la proclamation finale des résultats.

Ce qu’on sait et ce qu’on ignore
Le général Mamadi Doumbouya (souvent orthographié Mamady) est l’actuel dirigeant de Guinée. Il est arrivé au pouvoir le 5 septembre 2021 à la suite d’un coup d’État militaire ayant renversé le président Alpha Condé. Doumbouya est le candidat ultra-favori de l’élection présidentielle fixée au 28 décembre 2025. Bien qu’il se soit initialement engagé à ne pas se présenter, il a officiellement déposé sa candidature indépendante le 3 novembre 2025 sous la bannière « Bâtir Ensemble ».

Il a promulgué une nouvelle Constitution le 26 septembre 2025, adoptée par référendum quelques jours plus tôt (89,4 % de “oui”). Ce texte a levé l’inéligibilité des membres de la junte et porté le mandat présidentiel à sept ans. Son régime est marqué par une réduction de l’espace civique. Les principaux partis d’opposition (UFDG, RPG, UFR) ont été exclus du scrutin de décembre 2025 ou ont boycotté le processus, dénonçant un verrouillage électoral.

Pour l’instant, aucun élément ne permet de confirmer un coup d’État ou une tentative de renversement de Mamady Doumbouya. Les observations sur le terrain suggèrent surtout une opération sécuritaire ciblée, dans un contexte électoral tendu.

Les autorités pourraient apporter davantage de précisions dans les prochaines heures.

Nous suivrons l’évolution de la situation et mettrons à jour cet article dès que de nouvelles informations seront disponibles.

What Next?

Recent Articles