05102026Headline:

Fourre-tout/ Rupture: Diomaye Président rattrapé par les ralliements venus de l’ancien système

Comment un projet présenté comme une rupture morale, générationnelle et politique peut-il, quelques mois après l’accession au pouvoir, être renvoyé à l’image d’une coalition « fourre-tout » ? C’est la question posée dans une contribution consacrée au mouvement « Diomaye Président », à partir du décalage relevé entre la promesse initiale et les profils désormais visibles autour du pouvoir.

Au départ, le projet porté par Ousmane Sonko et incarné par Diomaye reposait, dans ce texte, sur une promesse claire de transformation. Puis, avec les premiers mois de pouvoir, l’interrogation a pris place dans l’opinion : le mouvement reste-t-il l’outil de la rupture annoncée, ou glisse-t-il vers un espace de recyclage politique pour d’anciens acteurs des joutes passées ?

L’auteur cite ensuite plusieurs figures pour illustrer ce basculement perçu. Aminata Touré, ancienne Première ministre et ancienne figure majeure du régime de Macky Sall, est présentée comme un cas emblématique après sa rupture avec l’APR et son repositionnement dans la nouvelle dynamique. Le texte évoque aussi Abdourahmane Diouf et Serigne Guèye Diop, installés depuis des années dans le débat public et redevenus centraux dans l’orbite du pouvoir, tandis qu’IGFM relaye également l’arrivée progressive d’anciens responsables de l’APR, d’ex-alliés du régime précédent et de leaders de formations marginalisées.

Une interrogation nourrie par les ralliements
Le mouvement ne serait pas concerné seulement à l’échelle nationale. La contribution décrit aussi un rapprochement progressif de maires, de responsables territoriaux et d’élus locaux issus de l’ancienne majorité. Leur objectif, d’après ce texte, relèverait surtout d’une stratégie de conservation : préserver leurs bases locales, maintenir leur influence, sécuriser leur accès aux ressources de l’État ou éviter l’isolement politique.

À partir de là, l’auteur estime que cette ruée vers la nouvelle majorité alimente l’idée d’un camp présidentiel assez attractif pour absorber ceux qu’il combattait auparavant. Il y voit une contradiction avec le message initial de rejet des transhumances, des alliances opportunistes et de la survie des mêmes élites sous d’autres couleurs. Le texte va jusqu’à relier cette contradiction à ce qu’il présente comme l’origine possible des tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko.

La contribution conclut sur un risque de désillusion si « Diomaye Président » devient progressivement une coalition dominée par des figures, des élus et des appareils en quête de reconversion. Elle soutient que la rupture attendue ne peut se mesurer qu’à la cohérence entre discours, pratiques et profils qui l’incarnent, dans un texte publié par IGFM et signé Moussa Niang.

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