06122026Headline:

Gambie: Enquête sur une pirogue de migrants portée disparue


Les autorités gambiennes tentent d’établir les faits autour d’une embarcation portée disparue depuis novembre, dans un contexte de recrudescence des départs clandestins vers l’Espagne.

Le gouvernement gambien a exprimé sa vive préoccupation face à des informations faisant état de la disparition d’une embarcation qui aurait quitté la région de la North Bank le 17 novembre 2025 avec des citoyens gambiens à bord.

Dans un communiqué publié par le ministère de l’Information, des Médias et des Services de radiodiffusion, les autorités indiquent que les services compétents, en collaboration avec des agences partenaires, s’emploient activement à vérifier ces informations et à établir les faits.

« La priorité actuelle est de localiser l’embarcation et de s’assurer du sort et du bien-être des personnes qui pourraient se trouver à bord », précise le document officiel parvenu à APA.

Cette inquiétude survient dans un contexte particulièrement dramatique. Dans la nuit du 23 au 24 décembre, une pirogue partie de Gambie a échoué dans le village de Ngazobil, au large de Joal, sur la Petite-Côte sénégalaise, après s’être vraisemblablement perdue en mer. Selon les informations disponibles, sur une trentaine de rescapés, 12 ont perdu la vie, tandis que l’embarcation transportait au départ au moins 200 candidats à la migration irrégulière.

Ces drames s’inscrivent dans une hécatombe plus large documentée par le collectif Caminando Fronteras dans un rapport publié en juin 2025, qui recense 1 865 morts ou disparitions aux portes de l’Europe entre le 1ᵉʳ janvier et le 31 mai 2025, le long de la frontière occidentale euro-africaine. Parmi les victimes figurent 112 femmes et 342 enfants, selon ce document.

L’ONG y dénonce des politiques migratoires qu’elle juge responsables de ces pertes humaines, affirmant que près de 47 % des naufrages sont liés à des défaillances structurelles, notamment des retards dans les secours, la non-activation de moyens disponibles et des décisions arbitraires dans les opérations de sauvetage.

La route Atlantique vers les îles Canaries demeure la plus meurtrière, avec 1 482 morts, soit près de 80 % du total, la route mauritanienne concentrant à elle seule plus de 1 300 victimes. Malgré une baisse relative des départs depuis le Sénégal et la Gambie, cette zone compte encore 110 morts, selon Caminando Fronteras.

Ces dernières semaines, la Gambie est devenue l’un des points de départ les plus empruntés par de jeunes migrants tentant de rejoindre l’Espagne par voie maritime, à bord de pirogues de fortune, malgré les risques extrêmes liés à cette traversée.

Les autorités gambiennes disent partager l’angoisse des familles concernées et assurent que toutes les ressources disponibles sont mobilisées. Elles appellent le public et les médias à éviter toute spéculation non vérifiée, tout en promettant de nouvelles informations à mesure que la situation évoluera.

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