Un texte soumis au Conseil de sécurité vise à centraliser les recettes et durcir les sanctions liées au pétrole libyen. Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des recommandations du Groupe d’experts de l’ONU sur la Libye.
Le Royaume-Uni a soumis au Conseil de sécurité des Nations Unies un projet de résolution portant sur le renforcement de la surveillance du secteur pétrolier libyen, selon des sources diplomatiques. Le texte prévoit notamment d’interdire le dépôt des recettes d’exportation en dehors des comptes officiels de la National Oil Corporation (NOC), logés auprès de la Libyan Foreign Bank, dans un contexte de fragmentation persistante des institutions économiques.
Dans le prolongement de cette initiative, Londres entend consolider le rôle exclusif de la NOC comme seule entité habilitée à commercialiser et exporter le pétrole libyen. L’objectif affiché consiste à empêcher le financement de structures parallèles et à assurer une centralisation des revenus, considérée comme un préalable à toute stabilisation économique durable.
La dimension coercitive du dispositif se traduit par un élargissement du régime de sanctions internationales. Le projet prévoit de cibler les individus et entités impliqués dans la contrebande de pétrole ainsi que dans les violations de l’embargo sur les armes. Cette approche s’appuie sur les constats récurrents des mécanismes onusiens concernant les circuits informels de commercialisation et leurs effets sur les finances publiques.
Le texte introduit également un renforcement des mécanismes de transparence. Les organes de surveillance des Nations Unies pourraient accéder directement aux données, contrats et transactions de la NOC, afin d’améliorer la traçabilité des flux financiers et de limiter les risques de détournement des recettes pétrolières.
Dans la même logique, le projet prévoit des obligations accrues de signalement concernant les navires impliqués dans des exportations illégales. Les États membres seraient appelés à coopérer davantage pour identifier et intercepter ces cargaisons, dans un contexte où les flux illicites continuent d’alimenter les divisions internes.
Un vote sur ce projet de résolution est attendu à la mi-avril 2026, alors que les efforts internationaux se poursuivent pour restaurer une gouvernance unifiée des ressources énergétiques du pays.



