Le mufti de Libye, Al-Sadiq Al-Gharyani, a salué le rejet public du « projet Boulos » par plusieurs villes, tout en mettant en garde contre le rôle de la mission des Nations Unies dans le pays.
La position du mufti de Libye relativement au rejet du « projet Boulos » et au rôle de la MINUL a été exposée lors d’une rencontre tenue à Misrata entre le chef religieux et des notables locaux, consacrée aux développements politiques récents en Libye. Selon des déclarations relayées par des sources locales, les discussions ont principalement porté sur un projet d’accord controversé, désigné sous le nom de « projet Boulos », dans un contexte marqué par la persistance des divisions institutionnelles et sécuritaires.
Dans la continuité de ces échanges, Al-Gharyani a salué la «position honorable» de Misrata, qui a rejeté tout accord susceptible, selon lui, d’ouvrir la voie à un pouvoir militaire. Il a également exprimé sa reconnaissance à l’égard d’acteurs économiques locaux, notamment le complexe sidérurgique de la ville, pour leur prise de position publique contre cet accord. Le mufti a élargi ce soutien à d’autres villes libyennes ayant exprimé un refus similaire, appelant à maintenir une ligne ferme.
Prolongeant cette prise de position, le responsable religieux a exprimé des réserves marquées à l’égard de la mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL). Il a déclaré être surpris par certaines initiatives appelant cette mission à piloter une nouvelle feuille de route politique, estimant que la communauté internationale ne viserait pas, selon lui, à instaurer une stabilité durable ni à organiser des élections équitables, en référence aux dynamiques observées depuis l’accord de Skhirat signé en 2015.
Dans le même élan, les dignitaires et notables de Misrata ont salué le rôle du mufti, mettant en avant la constance de ses positions sur les enjeux nationaux. Ils ont réaffirmé leur rejet de toute prolongation des périodes de transition, appelant à des efforts concrets pour sortir de l’impasse politique actuelle.
Enfin, les participants ont dénoncé ce qu’ils décrivent comme un «cercle vicieux» entretenu par certaines initiatives internationales, estimant que ces dynamiques prolongeraient l’instabilité institutionnelle. La Libye reste divisée entre autorités rivales, alors que les tentatives de médiation internationale peinent à aboutir à un processus électoral consensuel, un blocage qui continue de peser sur l’ensemble de la région nord-africaine.



