Deux navires ont été détournés à quelques jours d’intervalle au large des côtes somaliennes, ravivant les craintes d’un possible retour de la piraterie dans la région après plusieurs années de relatif recul.
Le centre de surveillance navale de l’Union européenne estime que l’hypothèse d’un retour de la piraterie sur les côtes somaliennes est de plus en plus probable. Il met en garde contre une résurgence du phénomène après le détournement d’un navire cargo survenu dimanche, qui accentue les pressions sur le transport maritime international.
Le dernier incident concerne le navire commercial Sward, capturé le 26 avril, quelques jours après la prise du pétrolier Honour 25, le 21 avril. Ce dernier transportait 18 000 barils de pétrole, selon le Maritime Security Centre Indian Ocean, organe de surveillance navale de l’Union européenne.
« Tous les incidents sont toujours en cours, ce qui signifie qu’ils n’ont pas encore été résolus », indique le centre dans un communiqué. Ajoutant : « Il est fortement recommandé aux navires opérant dans la zone de maintenir un niveau élevé de vigilance, notamment dans un rayon de 150 milles nautiques entre Mogadiscio et Xaafuun. »
La piraterie somalienne avait fortement progressé à la fin des années 2000, atteignant un pic en 2011 avec 212 attaques recensées, selon les données navales européennes.
À l’époque, les groupes de pirates avaient étendu leur rayon d’action jusqu’à 2 270 milles nautiques des côtes somaliennes, au cœur de l’océan Indien.
Une coalition navale internationale était ensuite parvenue à contenir le phénomène, réduisant les incidents à quelques cas par an à partir de 2014. Toutefois, les attaques connaissent une nouvelle hausse depuis 2023.
Le secteur maritime mondial est déjà confronté à des perturbations liées à l’instabilité autour du détroit d’Ormuz et aux attaques menées par les rebelles houthis, soutenus par l’Iran, au Yémen, à proximité du détroit de Bab el-Mandeb.
Ces voies maritimes sont stratégiques pour le commerce mondial, les navires devant les emprunter pour quitter la mer Rouge, l’une des routes commerciales les plus fréquentées au monde, tandis qu’un grand nombre de bâtiments contournent également la Corne de l’Afrique.
Le Sward, un navire transportant du ciment, avait quitté le port de Suez, en Égypte, le 13 avril à destination de Mombasa, au Kenya, lorsqu’il a été intercepté par des pirates à environ six milles nautiques du port de Garacad, selon des responsables de la sécurité du Puntland.
Le bâtiment transportait 17 membres d’équipage, dont 15 Syriens et deux Indiens.
Après le détournement, survenu peu après 20 heures dimanche, les pirates ont dirigé le navire vers les côtes somaliennes, où il a été ancré au large de Garacad.
Selon les autorités, six hommes armés, accompagnés d’un interprète non armé parlant anglais et arabe, sont montés à bord dans un premier temps.



