Réunis au Forum régional africain pour le développement durable, ministres, experts et partenaires ont estimé que le principal frein au développement du continent réside moins dans le manque de vision que dans l’insuffisance et le coût élevé des financements disponibles.
Les ambitions de développement de l’Afrique se heurtent avant tout à un déficit de financements adaptés, ont affirmé mardi plusieurs dirigeants et experts, lors de deux tables rondes de haut niveau organisées à Addis-Abeba dans le cadre du douzième Forum régional africain pour le développement durable.
Les participants ont plaidé pour une réforme profonde de l’architecture financière mondiale afin de mieux répondre aux réalités du continent.
Un constat s’est imposé au cours des échanges : le défi africain n’est pas l’ambition, mais sa mise en œuvre. Selon les intervenants, cette transformation exige un accès à des capitaux abordables, des systèmes nationaux plus solides, des projets bancables et des données fiables.
Le secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Claver Gatete, a souligné que le continent devait protéger ses investissements climatiques et de développement, malgré les fortes pressions budgétaires.
Il a insisté sur la nécessité de réduire les risques liés au change, au climat et aux politiques publiques, afin de mobiliser davantage de capitaux privés et domestiques.
Les débats ont également mis en lumière le coût disproportionné du capital supporté par les pays africains. Les méthodologies de notation souveraine, les cadres prudentiels et les pratiques de pondération des risques ont été pointés comme des freins majeurs aux investissements dans les infrastructures, la résilience climatique et l’industrialisation verte.
Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Timothewos, futur président de la COP32, a estimé que les déficits de financement, l’alourdissement de la dette et la baisse des investissements compromettaient les acquis du continent. Il a assuré que la future présidence éthiopienne placerait la mise en œuvre climatique au cœur de la lutte contre la pauvreté.
Les participants ont aussi dénoncé un financement climatique mondial jugé déséquilibré, encore trop orienté vers l’atténuation, au détriment de l’adaptation, des pertes et dommages et de la prévention des catastrophes. Ils ont appelé à davantage de subventions et de financements concessionnels.
Enfin, les intervenants ont plaidé pour une meilleure mobilisation des ressources internes, des projets mieux préparés et un recours accru aux instruments innovants, tels que les obligations vertes, les échanges dette-climat et des marchés carbone adaptés à l’Afrique.
Selon eux, la ZLECAf peut devenir un levier central pour relier financement climatique, industrialisation verte et intégration régionale.



