04122026Headline:

L’Algérie a considérablement intensifié sa lutte contre le trafic de stupéfiants

La stratégie algérienne de lutte contre les stupéfiants révèle un durcissement assumé de l’arsenal sécuritaire, tout en exposant, en creux, les limites structurelles d’une approche dominée par la répression.

Les décisions examinées en Algérie lors de la réunion gouvernementale autour de la lutte contre le trafic de stupéfiants traduisent une volonté claire de renforcer les moyens d’action de l’État, notamment à travers l’introduction de primes financières pour encourager la dénonciation et l’arrestation des trafiquants .

Ce mécanisme, présenté comme un levier d’efficacité, marque un tournant vers une mobilisation élargie de la société, mais pose aussi la question de ses effets collatéraux, notamment en matière de confiance sociale et de dérives potentielles.

Ce choix intervient dans un contexte de hausse significative des saisies. Les données officielles font état de plus de 7 tonnes de cannabis interceptées en 2025 contre 5 tonnes en 2024, tandis que les quantités de cocaïne ont atteint plus de 665 kg, presque le double en un an .

L’augmentation concerne également les drogues de synthèse, avec plus de 20 millions de comprimés saisis. Si ces chiffres témoignent d’une intensification des opérations sécuritaires, ils reflètent simultanément l’ampleur persistante du phénomène et la capacité d’adaptation des réseaux.

Dans ce cadre, la stratégie nationale 2025-2029 privilégie une combinaison entre prévention, dissuasion et répression. Pourtant, l’accent mis sur les incitations financières et les dispositifs coercitifs interroge l’équilibre global de la politique publique. L’absence de visibilité détaillée sur les politiques de santé publique ou de prise en charge des addictions limite la portée d’une approche qui semble prioritairement sécuritaire.

Parallèlement, d’autres chantiers réglementaires évoqués lors de cette réunion, notamment l’encadrement des compléments alimentaires ou la modernisation des télécommunications, illustrent une volonté d’ajustement technique de l’action publique. Le projet d’extinction progressive des réseaux 2G et 3G à l’horizon 2029 s’inscrit dans une logique de modernisation, mais souligne également le décalage avec certaines économies comparables où ces transitions sont déjà avancées.

L’ensemble de ces mesures met en évidence une gouvernance marquée par des réponses sectorielles, parfois ambitieuses, mais qui peinent à s’inscrire dans une vision intégrée. La lutte contre les stupéfiants, en particulier, apparaît comme un révélateur des tensions entre impératif sécuritaire et nécessité d’approches plus globales, incluant les dimensions sociales, sanitaires et économiques.

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