L’ancien président du Nigéria, Olusegun Obasanjo, a averti que les quatre raffineries d’État ne fonctionneront jamais, malgré les efforts de la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPCL) pour trouver des partenaires techniques afin d’exploiter les raffineries de Port Harcourt, Warri et Kaduna.
Lors d’une interview télévisée diffusée samedi soir sur Sony Irabor Live, M. Obasanjo a déclaré : « J’ai appris que les PPP (partenariats public-privé) fonctionnent. Prenez l’exemple du projet Nigeria Liquefied Natural Gas (NLNG), détenu à 51 % par le secteur privé et à 49 % par l’État nigérian, qui n’a pas été saboté par le gouvernement nigérian (…)
(…) Voyez ce que nous avons fait avec les chemins de fer nigérians. Voyez ce que nous avons fait avec la compagnie maritime nationale. Voyez ce que nous faisons maintenant, même avec la NNPCL. La NNPCL possède des raffineries, et j’avais pourtant prévenu que cela ne fonctionnerait jamais. Et quelqu’un a osé me demander : Suis-je ingénieur chimiste ? »
Obasanjo a évoqué ses tentatives infructueuses pour convaincre Shell de gérer les raffineries. « Écoutez, quand j’étais là-bas, j’ai appelé Shell. Je leur ai dit : “S’il vous plaît, je vous en supplie, prenez 10 % des parts et gérez la raffinerie pour nous.” Ils ont refusé. J’ai insisté : “Très bien, si vous ne voulez pas prendre de parts, n’en prenez pas. Venez gérer les raffineries.” Ils ont encore refusé », a-t-il déclaré.
L’ancien président nigérian a raconté comment il avait convoqué un haut responsable de Shell pour un entretien en tête-à-tête afin de comprendre les raisons de ce refus.
« Je l’ai donc appelé et je lui ai dit : “Soyez honnête. Pourquoi ne voulez-vous pas vous en occuper ?” Il m’a d’abord expliqué qu’ils réalisaient l’essentiel de leurs bénéfices en amont, et non en aval (..)
(..) Il a précisé qu’ils géraient l’aval sans perte, mais que les bénéfices étaient faibles. Il s’agissait davantage d’un service que d’une activité très lucrative. Voilà pour le premier point (…)
(..) Deuxièmement, il a dit que nos raffineries étaient trop petites. C’était à l’époque où j’étais président élu. Il a insisté sur le fait que nos raffineries étaient trop petites. L’une a une capacité de 60 000 barils et l’autre de 100 000 barils. Il a affirmé qu’à cette époque, les raffineries avaient une capacité comprise entre 250 000 et 300 000 barils (…)
(…) Troisièmement, il a déclaré que nos raffineries étaient mal entretenues. Nous faisions appel à des charlatans et à des amateurs pour les entretenir. Les raffineries étaient en mauvais état (…)
(…) Quatrièmement, il a ajouté qu’il y avait trop de corruption autour de nos raffineries et qu’ils ne voulaient pas y prendre part », a expliqué Obasanjo.
Il se souvient avoir estimé que le pays avait eu de la chance lorsque le président du groupe Dangote, Aliko Dangote, lui a fait part de sa volonté d’offrir 750 millions de dollars pour acquérir 51 % de deux des installations.
« Jusqu’au jour où Aliko (Dangote) est venu proposer 750 millions de dollars pour racheter deux des raffineries, soit 51 %. Je me suis exclamé : “Mon Dieu, vous êtes vraiment un Dieu de miracles !” J’ai demandé à Aliko de trouver l’argent rapidement. Ils ont trouvé l’argent et ils ont payé », a-t-il déclaré.
Cependant, le Balogun d’Owu a expliqué plus en détail que son successeur, feu Umaru Musa Yar’Adua, avait annulé l’accord après son départ, affirmant avoir subi de fortes pressions de la part de la NNPC.
L’actuel directeur général du groupe NNPCL, Bayo Ojulari, a été, à ce jour, le seul à avoir dit la vérité sur l’état des raffineries.



