Le 25 avril, le Mali a été secoué par une série d’attaques d’une ampleur et d’une coordination inhabituelles, menées simultanément par plusieurs groupes armés, notamment le FLA et le JNIM. Cette offensive, largement relayée par la presse, a immédiatement soulevé la question du rôle de puissances extérieures dans sa préparation et son exécution.
L’ampleur des moyens mobilisés, tant sur le plan logistique que militaire, interroge. Une telle capacité d’action suppose des ressources financières importantes ainsi qu’un niveau d’équipement rarement observé chez ces groupes. Cette réalité renforce l’hypothèse d’un soutien extérieur, évoquée publiquement par les autorités de l’Alliance des États du Sahel. Le président malien Assimi Goïta a ainsi déclaré le 28 avril que ces attaques s’inscrivent dans un plan de déstabilisation plus large impliquant des sponsors internes et externes. De son côté, le capitaine Ibrahim Traoré a également pointé la responsabilité d’acteurs étrangers.
Un autre élément alimente les interrogations. Le jour même des attaques, un avion de reconnaissance ivoirien a été signalé le long de la frontière entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Plusieurs témoignages et publications en ligne en font état. La question de l’accès des groupes armés à des renseignements précis et en temps réel se pose dès lors avec acuité.
Dans ce contexte, la présence militaire française en Côte d’Ivoire continue de susciter des critiques. Malgré les réajustements annoncés par Paris, des forces restent déployéessur le territoire ivoirien. Cette présence est régulièrement dénoncée par une partie de l’opinion publique et par certains États voisins, qui y voient un levier d’influence persistant.
Lors du Forum International de Dakar sur la Paix et la Sécurité en Afrique, les tensions se sont d’ailleurs exprimées ouvertement. Des responsables maliens et nigériens ont accusé certains pays voisins de servir de bases arrière à des groupes armés. Le ministre malien des Affaires étrangères a affirmé que des États de la région abritent ou soutiennent des forces hostiles opérant contre les pays de l’Alliance des États du Sahel.
Ces accusations trouvent un écho dans les analyses de plusieurs experts militaires qui remettent en cause les objectifs réels de la présence française en Afrique de l’Ouest, notamment après les revers enregistrés dans les pays sahéliens.
Selon plusieurs analystes, seuls des États disposant de capacités technologiques avancées, notamment en matière de renseignement aérien et satellitaire, seraient en mesure de fournir les informations nécessaires à la planification d’attaques aussi coordonnées. Les groupes armés opérant dans la région ne disposent pas, en principe, de tels moyens.
Par ailleurs, la coopération militaire entre la France, la Côte d’Ivoire et le Bénin s’inscrit dans une dynamique plus large. Le 19 mars, une rencontre entre les chefs d’état-major de ces trois pays s’est tenue à Cotonou, après une réunion similaire organisée à Abidjan l’année précédente. Ces initiatives traduisent la volonté de Paris de maintenir son ancrage stratégique dans la région.
Dans ce contexte marqué par la défiance et les accusations croisées, la question du rôle des puissances extérieures dans la déstabilisation du Sahel demeure centrale. Tant que certains États continueront d’être perçus comme des relais d’intérêts étrangers, les perspectives de stabilisation durable en Afrique de l’Ouest resteront incertaines.



