06262022Headline:

Le Conseil de sécurité de l’ONU renouvelle pour un an sa mission de paix au Soudan du Sud

La présence de casques bleus dans ce pays d’Afrique de l’Est, où une guerre civile a fait près de 400 000 morts entre 2013 et 2018, a été prolongée jusqu’au 15 mars 2023.

Le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) a décidé à l’unanimité des votants, mardi 15 mars, de renouveler la mission des casques bleus au Soudan du Sud jusqu’au 15 mars 2023. Si la Russie et la Chine se sont abstenues lors du vote de la résolution rédigée par les Etats-Unis, les treize autres membres du Conseil ont approuvé le texte, qui prévoit un maintien des effectifs actuels de la Mission des Nations unies au Soudan (Minus ou Unmiss en anglais).

Avec un plafond autorisé de 17 000 casques bleus et de 2 100 policiers pour un budget annuel dépassant le milliard de dollars (plus de 910 millions d’euros), cette opération est l’une des plus coûteuses de l’ONU.

Pékin a déclaré être en faveur de la prolongation du mandat mais a expliqué son abstention par, notamment, la volonté attribuée aux Etats-Unis d’insister sur les droits humains dans la résolution. Le texte s’en trouve « très déséquilibré », a dénoncé l’ambassadeur chinois adjoint, Dai Bing. Son homologue russe, Anna Evstigneeva, a aussi qualifié la résolution de « déséquilibrée » et elle a regretté que des amendements proposés par Moscou n’aient pas été pris en compte.

La résolution souligne que le maintien des casques bleus dans ce pays est destiné à « empêcher un retour à la guerre civile », à « construire une paix durable aux niveaux local et national », et à « soutenir une gouvernance inclusive et responsable et des élections libres, justes et pacifiques ».

Lors d’une réunion, au début de mars, du Conseil de sécurité, l’ONU et les Etats-Unis, acteur-clé dans la création du Soudan du Sud, avaient pressé les dirigeants du pays de faire progresser le processus permettant des élections dans moins d’un an, sauf à risquer une « catastrophe ».

Le plus jeune pays du monde, qui connaît une instabilité chronique depuis son indépendance du Soudan, en 2011, risque de replonger dans la guerre, avait averti en février l’ONU.

Le Soudan du Sud a en effet sombré, entre 2013 et 2018, dans une sanglante guerre civile entre les ennemis jurés Riek Machar et Salva Kiir, qui a fait près de 400 000 morts et des millions de déplacés.

Un accord de paix signé en 2018 a débouché sur un partage du pouvoir au sein d’un gouvernement d’union nationale investi en février 2020, avec M. Kiir au poste de président et M. Machar comme vice-président. Mais les dispositions de l’accord de paix restent largement inappliquées, en raison notamment de querelles persistantes entre les deux rivaux.

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