05042026Headline:

Le Nigeria a fermé la porte aux milices étrangères


Le Nigeria prépare une loi pour encadrer strictement les sociétés de sécurité privées et interdire toute milice étrangère. Les autorités veulent garder la main sur un secteur sensible et éviter des dérives observées ailleurs sur le continent.

À Abuja, le gouvernement finalise un texte destiné à encadrer l’activité des sociétés de sécurité privées. La ligne est nette : les acteurs locaux pourront opérer sous contrôle de l’État, tandis que toute milice étrangère serait interdite. Le projet de loi confie un rôle central au Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC). L’agence publique superviserait l’ensemble du secteur, avec des pouvoirs élargis pour enregistrer les entreprises, contrôler leurs activités et sanctionner les structures illégales. Elle percevrait également une part des revenus générés, fixée à 30 %, soit environ 1,2 milliard de nairas par an.

Pour renforcer le suivi, une base de données biométrique doit être mise en place. Elle regroupera les informations des agents de sécurité privée, afin d’identifier plus facilement les opérateurs et d’éviter les dérives. Le NSCDC pourrait aussi dissoudre toute entité impliquée dans des activités armées non autorisées.

Ce choix s’appuie sur un constat. Plusieurs rapports d’organisations internationales décrivent des abus et des résultats contestés liés à l’action de groupes paramilitaires russes en Afrique. Au Mali, Human Rights Watch évoque au moins 32 civils tués, plus de 100 habitations incendiées et des disparitions forcées lors d’opérations menées avec l’armée entre 2023 et 2024. Le massacre de Moura, en mars 2022, a fait plus de 300 morts selon des sources indépendantes. Des analyses du Center for Strategic and International Studies indiquent également une hausse des victimes civiles après leur déploiement en 2021. En Centrafrique, des enquêtes d’ONG mentionnent des exécutions sommaires et des violences contre les populations. Malgré leur présence, certaines zones restent instables, avec des reculs militaires signalés.

Face à ces éléments, Abuja privilégie une autre approche. Le pays mise sur des sociétés locales, encadrées et suivies par l’État. Dans le Delta du Niger, l’exemple de Tantita Security est régulièrement mis en avant. Cette entreprise a contribué à réduire fortement les vols de pétrole, avec une nette remontée de la production. Le texte attendu doit être adopté avant les prochaines échéances électorales. Pour les autorités, il s’agit de poser des règles claires et de garder le contrôle sur un domaine clé. Le message est simple : la sécurité du pays repose sur ses institutions et sur des acteurs nationaux, sous supervision publique.

 

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