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L’Égypte a demandé la suspension de la vente d’un manuscrit rare du célèbre poème « Al-Burda »

Un appel d’archéologues a été lancé pour suspendre une vente aux enchères aux Pays-Bas, d’un manuscrit du poème « Al-Burda » de l’Imam Al-Busiri, dans un contexte de relance des efforts de protection du patrimoine égyptien à l’international.

Le Conseil de l’Union générale des archéologues arabes a annoncé, mardi 14 avril, avoir saisi le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités afin de suspendre la mise aux enchères d’un manuscrit du poème « Al-Burda » de l’Imam Al-Busiri. Daté de 853 de l’hégire (1449-1450), le document est proposé par la maison néerlandaise Oriental Art Auctions, avec une clôture prévue le 21 avril.

Cette démarche intervient alors que le manuscrit circule déjà sur le marché international, révélant une capacité d’anticipation limitée face aux flux d’objets patrimoniaux. Le président du Conseil, Mohamed Al-Kahlawi, a souligné qu’il s’agit d’un élément « intégral de la mémoire culturelle » égyptienne, appelant à une action rapide pour son rapatriement.

Dans le prolongement de cet appel, les archéologues mettent en avant des éléments de traçabilité jugés solides. Le manuscrit comporte des inscriptions confirmant son origine égyptienne, notamment une mention indiquant qu’il a été achevé au Caire le 25 Ramadan 853 par le calligraphe Youssef Al-Bayadi. La première page précise également qu’il était destiné à la bibliothèque du sultan mamelouk Al-Zahir Jaqmaq.

Cette documentation renforce la légitimité d’une demande de restitution, mais souligne en parallèle les difficultés récurrentes à empêcher la dispersion de biens culturels historiques. Malgré l’existence d’un cadre légal, notamment la loi n°8 de 2009 sur la protection des manuscrits, les mécanismes de suivi et de récupération restent insuffisamment opérationnels à l’échelle internationale.

Au-delà de ce cas, les archéologues appellent la Dar Al-Kutub et les autorités compétentes à intervenir pour bloquer la vente et engager des démarches juridiques. Cette mobilisation tardive illustre les fragilités persistantes dans la gestion du patrimoine écrit, dans un contexte où les collections privées continuent d’attirer des pièces historiques issues du monde arabe.

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